Soutenez

Les Québécois moins généreux ?

Moins généreux, les Québécois? Une étude sur les tendances en philanthropie 2012 révèle que la moyenne des dons individuels pour le reste du Canada est de 517 $, alors qu’un Québécois donne en moyenne 231 $. Cette étude est présentée jeudi par la firme Épisode conjointement avec Léger Marketing, le jour même de la grande guignolée des médias. «Il faut comprendre que l’on est aux premiers balbutiements d’une culture philanthropique», explique Daniel Asselin, président d’Épisode, une firme d’expert-conseil en collecte de fonds.

Une telle culture se forge à partir de deux aspects : l’accumulation de richesses et les modèles. Si l’accumulation de richesses se fait depuis peu au Québec (20 ou 30 ans), il manque encore des modèles, croit M. Asselin. Selon ce dernier, chez les anglophones qui sont protestants, la culture communautaire est plus présente. «Les catholiques ont été déresponsabilisés individuellement», poursuit-il. La religion a ensuite été remplacée par un État providence qui s’est occupé des moins nantis. «La culture philanthropique est donc mieux implantée chez les anglophones, bien que, depuis 10 ans le Québec s’améliore», encourage M. Asselin.

Il cite en exemple la Fondation Chagnon ou encore la fondation One Drop de Guy Laliberté. Ces fondations et leurs fondateurs deviennent des modèles pour les Québécois et de plus en plus, les gestes sont organisés. Autre signe qu’une culture commence à s’enraciner, les jeunes s’impliquent davantage. «Les 20-30 ans participent beaucoup aux défis sportifs comme le 24 heures du Mont-Tremblant», souligne M. Asselin.

Motivation

De façon générale, M. Asselin note que les gens donnent particulièrement au secteur de la santé. «Les 55 ans et plus sont ceux qui versent une gran­de partie des dons. Cette population vieillissante est concernée par les problèmes de santé», explique-t-il.

La période des Fêtes est aussi un temps plus propice à la générosité. «C’est un temps festif où l’on dé­pense beaucoup et ça fait penser à ceux qui ont moins. Il y a sans doute un fond de catholicisme là-dedans», dit M. Asselin.

La présence d’un porte-parole célèbre peut également avoir un impact. Selon l’étude, Céline Dion, Yvon Deschamps et Véronique Clou­tier sont perçus par les Québécois comme des personnalités qui influencent les gens à faire des dons.

Des gens de cœur
Malgré les sondages faisant état de la généro­sité des Québecois, Tommy Kulczyk, adjoint au vice-président à la direction pour Jeunesse au Soleil, est persuadé que les Québécois ont le cœur sur main. «Les gens donnent de leur temps et ça, ce n’est pas toujours comptabilisé, plaide-t-il. Les Québé­cois sont très généreux et spontanés; on a qu’à prendre l’exemple de leur réaction au lendemain du tremblement de terre en Haïti». M. Kulczyk se dit d’ailleurs convaincu que les Québécois répondront à l’appel de la Guignolée.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.