Soutenez

Les policiers du SPVM dégoûtés par Roberge

Lise Millette et Pierre Saint-Arnaud - La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Bouleversés et dégoûtés. C’est en ces termes que le directeur du Service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, a décrit la réaction des anciens collègues du policier Benoît Roberge, arrêté pour ses liens présumés avec les Hells Angels.

«On se sent trahis», a résumé le directeur Parent lors d’une rencontre de presse, mercredi après-midi.

«Il y a des collègues de travail qui ne dorment plus depuis ce week-end», a-t-il indiqué, mettant en relief que ces collègues avaient travaillé auprès du policier accusé et échangé des informations sensibles avec lui durant plusieurs années.

«Comment vivre avec ça, quand tu réalises que tu n’as jamais vu aucun signe, qu’il n’y a jamais rien qui t’a indiqué que cette personne-là aurait pu basculer du côté sombre?»

Benoît Roberge a été appréhendé samedi soir, sur la Rive-Sud de Montréal, et fait face à deux accusations liées au gangstérisme, une autre de tentative d’entrave à la justice et une d’abus de confiance.

Marc Parent reconnaît que l’affaire plonge le SPVM dans l’embarras, mais il estime que le malaise dépasse largement le corps policier montréalais.

«On peut penser que le SPVM est ébranlé. Moi je pense que c’est la communauté policière qui est éclaboussée, qui est ébranlée. C’est l’administration de la justice», a-t-il dit.

Retraité du SPVM où il a servi pendant 11 ans, Benoît Roberge occupait, depuis le 11 mars 2013, le poste de chef du service du renseignement à Revenu Québec. Il a aussi pour conjointe Me Nancy Potvin, une procureure de la Couronne au Bureau de lutte contre le crime organisé.

À ce sujet, le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé, par voie de communiqué, que Me Potvin avait été «relevée provisoirement de ses fonctions avec traitement et tous ses accès aux dossiers et aux locaux du DPCP lui ont été retirés».

Me Potvin a été rencontrée par la SQ et a offert son entière collaboration. Le DPCP ajoute que selon les informations qu’il détient, il a «toutes les raisons de croire qu’elle n’a pas participé aux activités qui ont mené aux accusations portées contre son conjoint».

Le directeur Parent a précisé que des centaines de policiers et d’enquêteurs sont présentement rencontrés, non seulement au SPVM mais aussi à la Sûreté du Québec et à la Gendarmerie royale du Canada. Il a précisé que l’entourage professionnel immédiat de l’enquêteur a été complètement pris de court par l’information.

«Ses plus proches collègues de travail n’ont jamais rien perçu, a-t-il indiqué. Le facteur humain demeure un défi en soi.»

Une des problématiques soulevées par cette affaire est qu’elle force les policiers à consacrer une part importante de leurs énergies sur leurs propres collègues.

«Nous avons déjà chez nous, dans nos unités, des façons de faire. On parle d’enquêtes de crédit, de comportements douteux, des systèmes de polygraphie (détecteurs de mensonges), des tests aléatoires, des tests de dépistage pour les personnes qui sont plus exposées dans des unités plus spécialisées», a dit le directeur du SPVM.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.