Les enseignants du cégep intensifient les pressions
Les professeurs de cégep ont manifesté leur grogne un peu partout dans la province, jeudi, protestant contre la réévaluation de leurs tâches par le Conseil du trésor, qui menace selon eux les salaires et la reconnaissance des diplômes.
Les piquets de grève symboliques, qui se sont tenus en matinée à Montréal et ailleurs, font partie des moyens de pression déployés par les enseignants qui dénoncent les résultats des travaux de relativité du gouvernement, qui ont résulté en une dévaluation de leur emploi.
Selon la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente 85% des cégeps, le Conseil du trésor a déterminé en juin dernier que les professeurs du cégep devraient se placer au 21e échelon gouvernemental, alors qu’ils ont toujours occupé le 22e.
Concrètement, cette dévaluation peut entraîner une diminution de 5% du salaire, en plus de la non-reconnaissance des diplômes de maîtrise ou de doctorat, déplore la présidente de la FNEEQ, Caroline Senneville. Pour l’instant, aucune modification salariale n’a été faite, précise-t-elle, puisque la convention collective est en vigueur jusqu’au mois de mars 2015. C’est pour l’avenir que Mme Senneville se dit inquiète.
Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard a répété depuis les dernières semaines qu’il ne veut pas baisser les salaires des enseignants. S’il n’a pas pu répondre aux questions de Métro, M. Bédard a toutefois formulé une précision par courriel. «L’échelon 21 a été évoqué initialement pour amorcer la discussion. Mais le secrétariat du Conseil du trésor n’a [encore] rien décrété ou décidé», a-t-il indiqué.
«Nous prenons notes de ces déclarations, mais il faudrait que cela se rende aux oreilles des négociateurs, qui maintiennent vouloir nous déloger d’un rang dans la structure salariale du gouvernement», fait valoir Mme Senneville. «Si M. Bédard dit que les salaires des enseignants en place ne baisseront pas, il insinue peut-être qu’ils seront gelés durant plusieurs années? Et les nouveaux profs, auront-ils un salaire moindre? Nous voulons des réponses», ajoute pour sa part Sylvain Chamberland, président du Syndicat du Cégep du Vieux-Montréal.