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Plus de seringues souillées que jamais à l’UQAM

Photo: Yves Provencher/Métro

Plus de seringues usagées que jamais seront vraisemblablement ramassées à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) durant l’année scolaire 2013-2014, selon les données du Service de la prévention et de la sécurité (SPS) de l’établissement.

Plusieurs personnes profitent en effet des nombreux coins discrets de l’UQAM, située en plein centre-ville, pour s’injecter de la drogue.

Environ 3200 seringues ont été ramassées sur le territoire de l’université durant l’année scolaire 2012-2013, un record. Ce record est en voie d’être battu puisque 2700 seringues ont été trouvées depuis les sept derniers mois. «L’hiver s’en vient, et ça a tendance à empirer pendant cette période», reconnaît Alain Gingras, directeur du SPS.

M. Gingras raconte que la quantité de seringues à la traîne, dans les cuvettes, les cages d’escaliers ou les entrées, a explosé autour de 2007. Le SPS s’est alors doté d’un plan d’action. De la sensibilisation a été faite auprès des employés pouvant être en contact avec des seringues, comme les plombiers et les travailleurs de l’entretien. Ils ont été vaccinés contre les hépatites et ont été dotés d’outils pour manipuler les seringues. Des boîtes de plastique destinées au dépôt de seringues ont aussi été installées dans certaines toilettes, alors que d’autres ont été fermées à clé.

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«L’employeur n’a pas fait suffisamment de choses, rapporte toutefois Claire Bouchard, responsable de l’information au Syndicat des employés de soutien de l’UQAM (SEUQAM). On aurait voulu que certains accès à l’université soient verrouillés et qu’il y ait plus d’agents pour faire de la surveillance à travers les pavillons.»

Kristofer Dompierre, étudiant en arts visuels et médiatiques, a vécu l’expérience désagréable de trouver des seringues et du sang dans les toilettes. «Les agents de la sécurité devraient travailler plus fort pour notre sécurité, a-t-il écrit à Métro. Aller aux toilettes quand il y a du sang par terre et des taches sur les murs? Non merci! Faire attention pour ne pas se piquer avec des aiguilles usagées? Non merci!»

M. Gingras estime pourtant qu’il n’est pas possible d’en faire plus en terme de prévention. «On ne peut pas savoir si quelqu’un a une seringue dans les poches. Pour faire un contrôle aux portes d’entrée, il faudrait qu’on fasse du profilage, ce qui n’est pas dans nos valeurs. Tant que quelqu’un n’a pas un comportement violent ou qui réfère à des problèmes de santé mentale, on ne peut pas l’expulser», affirme le directeur de la sécurité. Il souligne également qu’il n’est pas permis d’installer des caméras dans les cabinets de toilette.

Le SPS mise plutôt sur des partenariats avec des organismes qui travaillent avec les toxicomanes, comme Spectre de rue et Cactus Montréal.

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