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Harout Chitilian: «Schnobb a des qualités qui vont surprendre»

Photo: Yves Provencher/Métro

À 33 ans, Harout Chitilian est devenu un joueur clé de l’administration de Denis Coderre. Le vice-président du comité exécutif, qui est responsable de la réforme administrative et de la ville intelligente, aura du pain sur la planche. Métro l’a rencontré dans son nouveau bureau.

On a entendu, dans les échanges au conseil municipal cette semaine, que la partisanerie était loin d’être chose du passé. Près d’un mois après les élections, comment est l’atmosphère à l’hôtel de ville?
Très positive. On sent vraiment, au-delà de petits moments d’égarement qui sont le résultat d’agissements personnels, une cassure avec le passé. Comme M. Coderre l’a indiqué dans son discours d’ouverture, on ne tourne pas une page, on commence un nouveau chapitre. Je n’ai aucun problème avec les divergences d’opinion.
Par contre, le manque de respect et les joutes partisanes n’ont pas leur place. J’espère qu’on n’en verra
pas pendant ce mandat.

Vous êtes vice-président du comité exécutif. Comment expliquez-vous qu’aucun des 20 élus de Projet Mont­réal n’y siège?
Le comité exécutif est important, mais ce n’est pas le seul outil de gouvernance. Dans les commissions, des postes de vice-présidence ont été attribués à des élus de Projet Montréal. La conseillère d’arrondissement Marie Plourde a aussi été nommée au CA de la STM. Plusieurs forums permettent de faire avancer la ville. J’ai présidé le conseil municipal pendant la période de coalition. C’était une solution temporaire qui nous a permis de naviguer en eaux troubles et d’éviter la tutelle, mais je ne pense pas que ce soit une solution
qui puisse être envisagée de façon permanente. Comme tout le monde faisait un peu partie de l’administration, certains débats de fond n’ont pas eu lieu. Il n’y avait pas de contrepoids.

L’opposition a critiqué la nomination du candidat défait Philippe Schnobb à la tête de la Société de transport de Montréal (STM). Comment justifiez-vous ce choix?
Je pense que M. Schnobb a des qualités qui vont surprendre la population. Dans l’ensemble des candidats, c’est l’un de ceux qui a travaillé le plus fort. C’est quelqu’un qui est extrêmement passionné par les enjeux municipaux, particulièrement par ce qui touche le transport. Il connaît la réalité urbaine, il utilise les transports collectifs et fait du vélo 12 mois par année.

Vous décrivez les qualités d’un bon membre du CA de la STM, mais on parle ici du prochain président. A-t-il des qualités d’administrateurs?
Prenons mon exemple. Avant de siéger au conseil municipal, est-ce que j’avais les qualités pour être conseiller municipal? Je n’aurais jamais pu le savoir si je ne l’avais pas essayé. J’étais ingénieur et je n’avais jamais fait de politique. Même chose quand je suis devenu président du conseil : je n’avais pas de profil juridique. Il faut donner la chance au coureur. Il sera accompagné d’une équipe dans laquelle on retrouve des gens d’expérience.

Donc, vous dites que ça s’apprend…
Ça s’apprend, mais ça prend certaines qualités comme la rigueur au travail, une facilité de communiquer et une passion pour la chose. M. Schnobb les possède.

Sentez-vous que vous devez encore rassurer la population sur les questions d’intégrité et d’éthique?
Je le fais presque quotidiennement. La grande partie des questions touche ces sujets. Il faudra un certain temps avant que les citoyens soient rassurés, mais aussi avant que nous, les élus, voyions le fruit des gestes qui seront posés dans les prochains mois. Il faut refaire la fondation.

Quelles seront les pierres qui seront posées par l’administration Coderre-Desrochers?
On va avoir un premier budget à présenter. Comme l’année fiscale est en cours et que des gestes ont été posés par les maires intérimaires Applebaum et Blanchard, on ne pourra pas réécrire l’histoire. On va regarder comment on pourra faire certains ajustements. Dans les 100 prochains jours, il y aura la création du poste d’inspecteur, le début d’un processus pour la réforme administrative et le début d’une démarche pour créer la politique qui fera de Montréal une ville intelligente et numérique.

Vous êtes responsable, entre autres, du dossier de la jeunesse. Comment faire pour intéresser les jeunes
à la politique municipale?

Quand je me suis présenté en politique en 2009, je me suis demandé si j’appartenais à ce milieu où les élus sont d’un certain âge et qui n’est pas reconnu pour sa diversité. Les questions que l’on se pose ne doivent pas être un frein à la participation. Il y a plusieurs façons de s’impliquer. On peut bloguer, se joindre à une formation politique ou se rendre à son conseil d’arrondissement. Une fois qu’on agit, on réalise qu’on a un mot à dire sur son quartier.

Rendre Montréal intelligente
Au sein du comité exécutif, Harout Chitilian aura pour tâche de piloter l’un des projets les plus chers à Denis Coderre : faire de Montréal une ville intelligente. À l’image du Plan de transport, l’administration accouchera d’un Plan de la ville intelligente et numérique. Le but : faire de Montréal la ville la plus intelligente de la planète.

  • «Il faut démocratiser l’accès à l’internet. Plusieurs personnes n’ont pas accès à ce mode de communication qu’on tient pour acquis. On doit également étudier des lieux stratégiques pour établir un réseau sans fil.»
  • «À Montréal, nous nous vantons de notre savoir et de notre créativité. Il faut donner l’accès à des outils de pointe et développer des lieux de création pour canaliser notre potentiel et donner la chance aux jeunes de développer leur talent, comme les jeunes sportifs peuvent le faire sur les patinoires.»
  • «Il faut voir comment l’informatique peut jouer un rôle à la Ville pour éliminer les vases clos. L’informatique nous permettra d’être mieux coordonnés.»

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