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L’absence de Bernard Drainville déçoit à l’Université Concordia

Photo: Yves Provencher/Métro

Tous les invités et acteurs du panel de discussion sur la charte des valeurs qui s’est tenue jeudi à l’Université Concordia ont déploré l’absence du ministre responsable des institutions démocratiques et de la participation citoyenne Bernard Drainville.

Autant l’Université Concordia, l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia que les deux panélistes présents à l’événement se sont dit déçus de l’absence du ministre.

«Il est dommage que le ministre Drainville n’ait pas eu la chance de rencontrer la communauté de Concordia», a affirmé la porte-parole de l’Université Concordia, Christine Mota.

Le ministre devait initialement participer à la discussion, mais a annulé sa présence jeudi matin.

«Nous avons demandé à l’Université Concordia s’ils étaient capables de garantir la sécurité des gens dans la salle et ils nous ont répondu que non», a affirmé jeudi l’attaché de presse du ministre Drainville, Manuel Dionne pour expliquer l’absence du ministre à l’événement.

«Nous ne pouvons jamais assurer qu’un événement se déroulera sans dérangements. Nous ne pouvons pas contrôler les actes de nos invités et des gens dans la salle. C’est ce que nous avons dit au ministre Drainville», a rappelé Mme Mota. Au moins 5 gardes de sécurité étaient toutefois présents à l’événement.

Le groupe de recherche d’intérêt public du Québec (GRIP) à Concordia, qui annonçait déjà avant l’événement la tenue d’un «comité d’accueil» devant la salle où le débat aurait lieu, a effectivement semé le doute dans l’entourage du ministre. Le GRIP se déclare fermement contre la charte des valeurs québécoises qu’elle qualifie de xénophobe et «soutient activement toutes protestations contre [celle-ci]».

«À la lumière des propos tenus par le GRIP qui ne voulait pas s’engager à ne pas perturber la tenue de l’événement, nous avons préféré annuler la présence de M. Drainville», a ajouté M. Dionne.

Devant l’auditorium de l’Université Concordia où le rassemblement du GRIP a eu lieu sans accros, Christina Xydous, l’une des porte-parole, était déçue que le ministre se désiste du «premier débat avec le public dans un environnement non-contrôlé».

«Nous avons été cités comme étant une des craintes du ministre. Ces craintes ne sont pas fondées sur des faits. Tout ce qu’on a fait, c’est lancer un appel pour un rassemblement à l’extérieur de la salle où se déroulerait l’événement pour dénoncer la charte. Nous y voilà, et tout se passe très bien», a lancé la porte-parole avec sa banderole à la main.

David Clos-Sasseville, responsable aux campagnes à l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia, qui organise l’événement, s’est dit surpris de la décision de M. Drainville. «Il a beaucoup à gagner à rencontrer la communauté anglophone», a-t-il exprimé.

«Je trouve que c’est désolant. Ça démontre que le PQ est frileux de défendre son projet de loi face à un groupe de personnes qui seraient extrêmement critiques face à la charte», a poursuit Mme Xydous.

Au sujet du «comité d’accueil» organisé par le GRIP, M. Clos-Sasseville soutient qu’il est «normal dans une démocratie que la population puisse manifester son mécontentement. Il y a certains étudiants de l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia dans ce groupe, alors j’ai confiance en eux. Je crois qu’il n’y a rien à condamner», avait-il affirmé avant l’événement.

Plus de 160 personnes ont assisté à cette discussion organisée par l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia.

André Frappier, ancien coporte-parole et président de Québec solidaire a notamment rappelé les débuts «sur un ton de rumeur» de la charte des valeurs québécoises, qui «n’est basée sur rien, sur aucune étude», a-t-il précisé. Il déplore que les débats sur les «valeurs québécoises» se soient transformés en «procès de l’islam». Bien qu’il soit en faveur d’une bonne partie du projet de loi, il rejette «comme plusieurs», dit-il, la section portant sur l’interdiction du port des signes religieux pour les employés de la fonction publique. Il craint également que ce débat sur le port des signes religieux dans le public déborde vers le secteur privé.

Kathleen Weil, députée de Notre-Dame-de-Grâce pour le Parti libéral du Québec et ex-ministre de l’Immigration, appréhende notamment que le Québec perde des étudiants et des professionnels de haut niveau venus de l’étranger. «On ne peut pas se permettre de ne pas attirer des gens de l’extérieur», a affirmé Mme Weil. Bien qu’elle soit elle aussi en accord avec la création de balises pour les accommodements raisonnables, elle estime que le gouvernement péquiste aurait avantage à chercher un «consensus» en ce qui a trait au port des signes religieux.

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