Vers des chambres payantes selon le revenu au CHUM et au CUSM
Québec envisage de mettre fin à la gratuité des chambres des nouveaux hôpitaux du CHUM et du CUSM en faisant payer les patients en fonction de leurs revenus, a révélé mardi Radio-Canada.
En entrevue à la société d’État, le sous-ministre au ministère de la Santé au moment de l’entrevue et aujourd’hui directeur général par intérim du CHUM, Michel Fontaine, a avoué être en train d’explorer différentes avenues. «On est en train de vérifier d’autres moyens, comme on a pour les personnes dans les CHSLD. (…) On va probablement s’en aller vers une formule comme celle-là, plus en fonction des revenus des gens.»
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Depuis sa création, le régime d’assurance maladie garantit la gratuité de l’hospitalisation, mais actuellement, les hôpitaux du Québec récoltent 60 M$ grâce à l’offre de chambres individuelles et semi-privées tarifées. Or, ce sont des chambres privées que le CHUM et le CUSM, à Montréal, offriront. Les salles, le seul lieu offert sans frais aux patients, n’existeront plus, soutien la société d’État.
Le ministère affirme dans un communiqué qu’il travaille présentement à la formation d’un comité qui se penchera sur la question de la facturation des chambres en milieu hospitalier. «[Il y a des] changements qui s’opèrent depuis quelques années au sein des établissements de santé du Québec où, pour des raisons sanitaires comme la réduction des risques d’infection nosocomiale, le nombre de chambres de plus de deux personnes a tendance à diminuer, au profit d’un nombre plus élevé de chambres privées et semi-privées», explique le ministère.
Le porte-parole du Parti libéral en matière de Santé et ancien ministre, Yves Bolduc, a vivement critiqué cette possibilité envisagée par le gouvernement péquiste. «C’est strictement inacceptable, dit-il. C’est un bris contre l’universalité.»
Québec solidaire a aussi critiqué cette «porte ouverte à la privatisation des services d’assurance maladie.»
«Si ces informations sont vraies, l’ineptie du gouvernement en matière de santé n’a plus de limite. La tarification des chambres d’hôpital s’ajouterait aux autres brèches à l’universalité des soins de santé, telles que les frais accessoires, les frais que paieront les patient-e-s non assurés par le public pour examens que feront les pharmaciens sans parler de la taxe santé», regrette Amir Khadir, député de Mercier et médecin.