L’accès aux soins se dégrade, dénonce une alliance de patients
Près d’un patient québécois sur deux a déjà renoncé à des soins de santé en raison d’un délai déraisonnable, révèle un sondage commandé par une nouvelle alliance de patients québécois.
Le sondage, rendu public vendredi, dévoile aussi que 38% des patients ont eu recours au système de santé privé au cours des deux dernières années, afin d’obtenir des soins dans un délai plus court.
L’étude de la firme Léger, menée auprès de 1500 usagers du réseau de la santé publique du Québec, a été commandée par l’Alliance des patients pour la santé, un nouveau regroupement qui englobe jusqu’à présent une vingtaine d’organisations vouées à divers enjeux de santé, tel que la Société canadienne de la sclérose en plaques et la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin.
Pour le porte-parole de l’Alliance, Michel Roy, les données du sondage témoignent d’une situation alarmante. «Il est inacceptable que des gens renoncent à se faire soigner, car c’est trop long ou encore qu’ils déboursent pour se faire soigner», déclare-t-il. Ce dernier estime que la création d’une alliance regroupant des milliers de patients permettra de donner une voix plus forte auprès des décideurs du monde de la santé.
Selon M. Roy, il n’est pas normal que l’opinion des patients soit systématiquement exclue des processus décisionnels. «Plusieurs de nos membres ont déjà réfléchi à des façons de diminuer les délais d’attente, de rendre le réseau plus efficace. Nous pouvons aider à changer les choses», assure-t-il.
De plus, l’Alliance promet de mieux informer les patients de leurs droits, et, au besoin, d’entamer des recours. Selon le sondage, 71% des répondants ont indiqué ne pas savoir comment déposer une plainte pour faire respecter leurs droits. «La majorité des patients ne dénoncent pas les mauvais traitements ou les négligences. C’est nécessaire de le faire si on veut améliorer la qualité des soins», ajoute M. Roy.