Manifestation contre la brutalité policière: soirée agitée au centre-ville
Des affrontements entre des manifestants contre la brutalité policière et les forces de l’ordre ont mené à au moins 125 arrestations, jeudi soir.
Il aura fallu moins de 30 minutes après le début de la marche pour que la tension monte, rue Sherbrooke, entre des agitateurs et la police. Des projectiles ont été lancés vers les agents du SPVM, qui ont réagi par différentes stratégies de dispersion. Des bombes assourdissantes ont résonné à plusieurs reprises dans le ciel de la métropole.
Tôt jeudi soir, les quelque 4 000 manifestants se sont fragmentés au le centre-ville. Des centaines de policiers ont manœuvré pour contrôler les attroupements. Des charges repoussaient sans discrimination les agitateurs, les simples passants et les manifestants pacifiques. «Des policiers se sont mis à me frapper et m’ont poussé sur un vélo, soutient Samuel Herbeuval, un étudiant de 18 ans qui arbore une coupure à l’oeil. Ils m’ont ensuite aspergé de gaz lacrymogène.»
À quelques pas de là, rue Sainte-Catherine, des manifestants ont vandalisé des commerces et une voiture de police. Tour à tour, certains sont montés sur le véhicule renversé, sous des cris d’approbation.
Après une légère accalmie, un attroupement s’est recréé au point de départ, à savoir le parc Émilie-Gamelin. Un vaste périmètre de sécurité a été érigé et des policiers ont encerclé les derniers manifestants pour procéder à des arrestations. Au moins un policier aurait été blessé au visage par un lancer de pierre, selon un agent en poste.
Ce rassemblement annuel était particulièrement tendu, dans un contexte de grève étudiante. La blessure à l’oeil infligée à Francis Grenier, possiblement par une bombe assourdissante, a attisé la colère du Collectif opposé à la brutalité policière, instigateur de la manifestation, et des étudiants.