Coderre satisfait de la stratégie sur le transport en commun de Québec
Le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est dit a priori satisfait de la Stratégie nationale de mobilité durable qu’a présentée lundi le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.
«C’est un pas dans la bonne direction, a-t-il déclaré après la présentation du ministre. (…) On va regarder dans le détail, mais les principes sont bons.»
M. Coderre a salué la volonté du ministre d’inclure les villes dans les discussions sur les enjeux du transport en commun. Toutefois, il a avoué qu’il aurait aimé l’entendre davantage sur les possibilités de sources de financement. «On ne peut pas dépendre à 70% des taxes foncières, a-t-il dit. On donne 400M$ à la STM. Un moment donné, il y a une [limite à la] capacité de payer.»
Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, s’est aussi dit heureux de l’annonce du ministre. «Ça va nous permettre de voir l’avenir avec pas mal d’optimisme», a-t-il lancé. La nouvelle stratégie gouvernementale permettra à la STM de régler son problème financier quant au maintien de ses infrastructures. Son déficit d’entretien atteindra 3G$ en 2030, selon ses prévisions.
«Pour notre déficit de 20M$ [prévu dans notre budget de fonctionnement 2014], il faudra analyser les détails de la stratégie, a dit M. Schnobb. Les sommes ajoutées au transport adapté ou au développement des services peuvent s’appliquer dans l’année financière en cours. On va examiner tout cela.»
La nouvelle stratégie gouvernementale fait craindre le pire au chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. «Je n’ai pas entendu un seul mot qui singularisait Montréal en tant que ville et en tant qu’agglomération [dans la présentation du ministre Gaudreault], a-t-il mentionné. Et on parlait de transport en commun! Et c’est la STM qui réalise 83% des déplacements de la région métropolitaine!»
Le discours du ministre fait croire à M. Bergeron que Montréal devrait batailler fort pour obtenir «sa juste part» du milliard de dollars investis en plus dans le transport en commun
D’autres réactions
- «Où sont les vraies réponses aux vraies questions ? C’est du pelletage par en avant ! (…) Qu’est-ce qu’on nous annonce sur les deux principales questions, le financement et la gouvernance ? On va parler encore un peu.» -David Heurtel, député libéral de Viau
- «Il y a des aspects intéressants de la SNMD, mais on a encore du travail à faire pour avoir un cadre financier pour le transport collectif qui va tenir la route à la hauteur de cet objectif [d’augmenter de 30% l’offre de service].» -Christian Savard, porte-parole de l’alliance Transit
- «C’est une bonne nouvelle pour Montréal. On aurait par ailleurs aimé que le gouvernement se commette sur les enjeux majeurs, pour lesquels on semble vouloir gagner du temps, le financement des opérations et la gouvernance. Le gouvernement devrait oser.» -Michel Blanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
- «La [stratégie gouvernementale] marque un changement d’approche encourageant en diminuant les budgets dédiés à la construction de nouvelles infrastructures et en augmentant la part du transport collectif.» -André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
- «Nous sommes déçus de constater que les sommes annoncées sont moindre que celles investies par le ministère des Transports entre 2007 et 2012. Cela est étonnant quand on connaît l’engouement croissant des municipalités à prendre le virage du transport actif. Si d’autres sommes ne s’ajoutent pas à ces 35 millions, nous comprenons mal ce recul.» -Suzanne Lareau, présidente directrice générale de Vélo Québec.
- «Depuis son élection, le gouvernement du Parti québécois s’est contenté de reconduire les politiques libérales. Le dépôt de la Politique de mobilité durable a été repoussé plusieurs fois et arrive maintenant à la veille d’un possible budget et d’une campagne électorale. Québec solidaire craint que la politique du Parti québécois ait été instrumentalisée à des fins électorales, et ce, au détriment d’une réelle stratégie cohérente sur la question.» -Françoise David, porte-parole de Québec solidaire.