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Accès réduit aux centres de cancérologie de Montréal pour les patients des banlieues

Photo: Google Street View

Les patients atteints de cancer provenant de l’extérieur de Montréal pourraient ne plus obtenir des traitements de radiothérapie dans les hôpitaux de la métropole, malgré que plusieurs offrent des soins ultra spécialisés qui ne sont pas disponibles sur la Rive-Nord et la Rive-Sud.

C’est à tout le moins ce qu’avancent la Coalition Priorité Cancer, l’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC), l’Alliance des patients pour la santé et plusieurs médecins qui s’insurgent contre une décision qu’aurait prise l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal de réduire le financement des activités de radiothérapie dans les centres de cancérologie de Montréal au profit de ceux de Laval et de la Montérégie.

Dans un mémo du 23 décembre 2013, le directeur des affaires cliniques, médicales et universitaires à l’Agence de Montréal, Frédéric Abergel annonçait que ce financement serait attribué, dès le 1er avril, en fonction des volumes prévus de patients et non selon leur nombre actuel. Or, l’Agence de Montréal prévoit un transfert important de patients des hôpitaux de Montréal vers ceux des banlieues. En conséquence, il recommandait aux établissements montréalais de «geler immédiatement l’embauche de personnel dans ce secteur».

L’Hôpital général juif (HGJ) sera l’un des plus touchés. Il est planifié qu’il traitera 991 patients en radio-oncologie en 2014, comparativement à 1646 en 2013, soit une réduction de 40%. Selon ces prévisions, pratiquement aucun patient à l’HGJ ne serait originaire de Laval, des Laurentides et de Lanaudière.

«Concrètement, on sera obligé de refuser les patients du 450, parce que sinon on va dépasser notre budget, a déploré le Dr Gerald Batist, directeur du Centre du cancer Segal de l’HGJ. Nos patients ont peur et moi aussi j’ai peur de devoir les abandonner. Mais l’Agence de Montréal ne veut pas nous le demander par écrit, car elle sait que ce serait illégal.»

La Loi sur la santé et les services sociaux protège en effet le droit de toute personne «de choisir le professionnel ou l’établissement duquel elle souhaite recevoir des services de santé». L’Agence de Montréal assure d’ailleurs que les patients pourront continuer à faire ce choix. «Les patients déjà en cours de traitement en radio-oncologie vont le terminer là où ils sont, et ceux qui ont besoin de soins de pointe disponibles uniquement à Montréal vont aussi pouvoir le faire», a affirmé M. Abergel. Selon lui, la nouvelle planification vise uniquement à offrir à la clientèle des régions des services proches de leur domicile.

«Il faut faire ces transferts de façon humaine, croit toutefois le Dr Batist. Là, ils veulent rapatrier les patients de façon trop drastique.»

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