Montréal
22:00 20 mars 2014

La STM dépensera 50M$ pour l’informatique

La STM dépensera 50M$ pour l’informatique
Photo: Archives Métro

La Société de transport de Montréal (STM) dépensera 50M$ dans les cinq prochaines années pour rénover son système informatique. Pas de quoi réjouir les tenants du logiciel libre.

Pour remplacer notamment les vieux Windows XP et Outlook 2000-2003 sur ses 3700 ordinateurs, la STM a budgété 25M$. Ils dataient de plus de 10 ans, indique un document interne de la STM qui précise que «le fabricant a annoncé la fin du support officiel de Windows XP en avril 2014, ce qui rend la société vulnérable aux attaques informatiques».

La société de transport prévoit ensuite dépenser 24M$ pour maintenir à jour ses logiciels entre 2014 à 2019. Elle n’aura pas à mettre en concurrence les logiciels tels que Microsoft, car un décret gouvernemental adopté par le gouvernement Charest et reconduit par le gouvernement Marois, l’y autorise à titre d’institution publique.

La société de transport avance que changer de solution technologique pourrait nuire au déploiement des futures voitures de métro, ainsi qu’au projet iBus d’information en temps réel.

Du côté de l’industrie du logiciel libre, qui avait déjà été écartée par le passé, la réaction est mitigée. «Dans le cas de la STM, je vois une organisation qui reste avec des logiciels propriétaires (Windows, Outlook, etc.), mais qui d’un autre côté a adopté une stratégie d’inclusion des logiciels libres dans certains projets dont elle doit être félicitée», note Cyrille Béraud, membre du CA de l’Association professionnelle des entreprises en logiciels libres.

En tant que contribuable, ce dernier s’interroge toutefois sur les coûts reliés à cette opération. «Je ne connais pas les détails du projet, mais quand l’État a fait de même ça a coûté 2000$ par poste, soit trois fois moins», déclare-t-il.

«Le projet de migration Windows prévoit également la mise à jour ou la mise en place de 300 applications corporatives et 1300 applications commerciales», explique Luc Lamontagne, directeur des Technologies de l’information à la STM. «Quand on change de système d’exploitation Windows, il faut changer ou mettre à jour toutes sortes de logiciels tels que ceux utilisés pour les diagnostics des autobus, la planification des trajets ou la réalisation de plans», ajoute-t-il.

Pour obtenir la bénédiction des élus montréalais, la STM a dû se plier aux nouvelles orientations du comité executif, indique Harout Chitilian, l’élu responsable des technologies de l’information. Cela consiste notamment à rationaliser le nombre de postes informatiques et de logiciels utilisés et à mettre en place une politique d’inclusion des logiciels libres, à diminuer le nombre de serveurs au profit de l’infonuagique et à adopter une politique de mobilité informatique favorisant notamment le télétravail.

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