La Ville s’inquiète des coûts de la nouvelle Maison d’Haïti
La Ville remet en question les coûts de construction prévus pour la nouvelle Maison d’Haïti.
Les professionnels de la Direction des immeubles de la Ville de Montréal ont transmis à l’administration de la Maison d’Haïti certaines inquiétudes relativement à la planification financière de leur nouvel immeuble, dont la construction doit débuter en septembre prochain.
Les coûts de construction de 3,2M$ semblent relativement bas pour ces fonctionnaires en tenant compte des besoins de l’organisme, à confirmé la Ville à Métro.
Dans un document préparé par la Direction de la Diversité sociale de la Ville et inclus à l’ordre du jour du prochain conseil municipal du 26 mai, on indique même que «le coût réel du projet pourrait (…) être plus élevé que celui présenté».
La taille planifiée du nouvel immeuble de 9500 pi2 leur paraît sous-évaluée. Les professionnels remarquent que cette superficie et les coûts prévus excluent certains espaces techniques et de conciergerie, ainsi que l’aménagement extérieur comme le stationnement.
La Ville met également en garde la Maison d’Haïti sur l’absence de budget alloué à une éventuelle décontamination du terrain acheté à la Commission scolaire de Montréal.
La directrice de la Maison d’Haïti, Marjorie Villefranche, a confirmé à Métro avoir reçu ces indications de la part de la Ville. Bien qu’elle n’exclut pas que le nouvel immeuble puisse être plus grand que la superficie de 9500 pi2 prévus, ce qui entrainerait une augmentation des coûts, elle dit s’en tenir au plan actuel.
«On adapte encore notre plan. Notre objectif, c’est qu’il n’y ait pas de dépassement de coûts. Nous allons voir dans quelle mesure on peut tout faire entrer [dans notre budget actuel]», a précisé Mme Villefranche qui a lancé mardi la campagne de financement visant à récolter 1,5M$ pour ce projet.
En fonction des sommes amassées, elle espère qu’un «coussin financier» de 300 000$ sera alloué pour l’installation et l’amortissement de possibles dépassements de coûts.
La directrice ajoute que l’étude du sol sera faite, mais elle est assurée que la décontamination ne sera pas nécessaire.
«Nous avons regardé ce qu’il y avait eu historiquement sur ce terrain, et il n’y a rien eu d’autre que l’école», a assuré Mme Villefranche.
Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus, à laquelle la Maison d’Haïti s’est associé pour le projet, se dit confiant que leur expérience leur permettra de respecter le plan prévu. «De toute façon, ce n’est qu’une fois [que] les plans et l’évaluation concrète des coûts [seront faits] que nous aurons le prix. Je demeure convaincu à la lumière de toutes nos expériences (nous n’avons jamais eu un dépassement de coût) que nous saurons respecter le budget», a-t-il indiqué par courriel en précisant qu’aucun plan ni dessin n’a encore été produit.
M. Yaccarini ajoute également que l’entrepreneur devra obligatoirement leur donner un «prix maximum garanti». Selon ce principe, toute dépense dépassant le coût de l’ouvrage établi sera assumée par l’entrepreneur.
La Ville, qui prévient qu’elle n’injectera pas plus que les 2M$ prévus dans ce projet, «assurera un suivi rigoureux à toutes les phases du projet». Si un imprévu survient, c’est la Maison d’Haïti qui en assumera les frais. Elle se dit toutefois rassurée par le choix de la Maison d’Haïti de s’associer avec la Société de développement Angus pour la réalisation du projet.
L’organisme devra transmettre à la Ville 15 jours avant le début des travaux le montage financier final.