Les cols blancs de Montréal contesteront un contrat de 4,7M$ à SNC-Lavalin
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Le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SFMM) confirme qu’il déposera des griefs contre la Ville de Montréal en réaction à l’octroi d’un contrat de 4,7M$ à SNC-Lavalin pour la réfection du réseau d’aqueduc.
Ce contrat, qui vise à fournir à la Ville des services professionnels comme de la préparation de plans et devis et la surveillance de chantier pendant 5 ans, a été autorisé au dernier comité exécutif sans soulever de questions des élus.
«Les équipes internes ne peuvent pas assurer seules l’intégralité de la [rénovation des infrastructures]», est-il écrit dans les documents remis aux élus.
Le SFMM, qui représente plus de 10 000 cols blancs, fustige l’administration pour ce qu’il considère être les conséquences des coupures d’effectifs annoncées par le maire Denis Coderre.
«Le maire veut couper 800 postes de cols blancs d’ici 5 ans, mais il donne 4,7M$ à SNC-Lavalin [pour de l’effectif]. C’est rire des Montréalais», a affirmé à Métro Alain Fugère, président du SFMM.
Il déplore que l’administration municipale se soit débarrassée de l’expertise interne depuis les années 1980 au profit du privé.
Denis Coderre avait d’ailleurs promis en campagne électorale «d’accroître l’expertise interne et contrer le recours systématique à la sous-traitance».
«On crie au manque d’expertise, mais on donne ça à contrat pour 4,7M$ pendant 5 ans», déplore M. Fugère.
Le président rappelle que la sous-traitance se fait généralement pour des travaux dont la Ville ne possède pas la machinerie nécessaire. «[Le contrat à SNC] n’est pas pour une machine qui coûte les yeux de la tête, c’est pour des effectifs. Pourquoi donner une tâche à mon voisin que je suis capable de faire moi-même?», illustre M. Fugère, qui estime que la sous-traitance n’est que rarement économique pour les Montréalais.
M. Fugère croit que la Ville peut dépenser plus «consciencieusement» ces 4,7M$ en embauchant de l’expertise interne. «Un surveillant de travaux gagne environ 60 000$ par année. Pour 5 ans, faites le calcul, vous allez en avoir pas mal pour [4,7M$]», note le président.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, entend s’opposer avec véhémence à l’octroi de ce contrat. «Si on est capable de prévoir un volume de travail correspondant à plusieurs millions de dollars, si on sait le niveau de qualification que ça requiert, qu’on engage tout simplement», a-t-il mentionné.
Moyens de pression
Le SFMM affirme qu’il poursuit sa réflexion sur l’augmentation de ses moyens de pression en réaction au projet de loi sur les régimes de retraite. «On mijote et on cogite en collaboration et avec l’autorisation de la Coalition syndicale pour la libre négociation», indique Alain Fugère.
Une apparition surprise au prochain conseil municipal du 18 août, pour afficher leur mécontentement autant du projet de loi que du contrat à SNC, n’est pas exclue.