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L’indexation des budgets d’arrondissement, «selon la capacité de payer»

L’administration du maire de Montréal, Denis Coderre, n’indexera pas le budget de fonctionnement des arrondissements dans la prochaine année, à la demande des maires, mais pourrait étudier la question plus tard.

Lorraine Pagé, chef de Vrai changement pour Montréal, a présenté mardi au conseil municipal une motion pour demander au maire de Montréal d’entreprendre «immédiatement» une discussion avec les maires d’arrondissement afin de modifier la réforme du financement des arrondissements et procéder à l’indexation des budgets d’arrondissement.

La réforme présentée cet été prévoit une révision des pouvoirs que se partagent les arrondissements et la ville-centre, ainsi que la dotation remise par la ville-centre aux arrondissements selon certains critères paramétrés.

Certaines dotation d’arrondissements seront à la hausse, d’autres à la baisse. Les arrondissements qui voient leur budget diminuer auront 10 ans pour s’ajuster.

À l’issue du débat sur la motion, le maire s’est plutôt engagé à «travailler» pour permettre l’indexation des budgets de fonctionnement, et ce, dans le cadre des «orientations budgétaires» et selon la capacité de payer des citoyens. «À l’époque, on avait promis une indexation aux arrondissements, et il n’y en avait pas eu. On a dit oui, si on a la capacité de le faire», a précisé M. Coderre à la sortie du conseil municipal.

Une décision qui n’a pas déplue à l’instigatrice de la motion, Lorraine Pagé, qui estime que la balle est dans le camp de l’administration. «Si, dans 6 mois, on constate que ce qu’ils ont fait, ce n’est pas ce qu’ils ont écrit et ce qu’ils ont voté, on sera les premiers à dire qu’ils n’ont pas été de bonne foie dans le débat», a-t-elle expliqué à la sortie du conseil municipal.

La motion a été adoptée à majorité. Deux des appuyeurs de la motion, soit le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, et d’Outremont, Marie Cinq-Mars, se sont toutefois retirés du document, déçue par les modifications. La motion était également appuyée par d’autres maires de l’opposition, dont Benoit Dorais, chef de Coalition Montréal et maire du Sud-Ouest et Normand Marinacci, maire de l’arrondissement de l’Île-Bizard–Sainte-Geneviève.

De fait, après plusieurs semaines de bataille contre la réforme du financement des arrondissements de l’administration Coderre-Desrochers, les maires de l’opposition n’en démordent pas. Ils avaient pris la parole devant les médias avant le conseil municipal pour fustiger cette réforme.

Selon cette dernière, le budget annuel du Plateau–Mont-Royal sera notamment amputé de près de 13%. «Une fois que j’ai éliminé la Maison de la culture, que j’ai coupé une bibliothèque, que j’ai fermé une piscine, que j’ai coupé des cols blancs, là j’arrive à peu près au 800 000$ de coupes que j’avais besoin de faire [en raison de la réforme], a soutenu Luc Ferrandez, chef intérimaire de Projet Montréal et maire du Plateau–Mont-Royal. Et après, j’ai pas l’indexation des budgets, il faut que je retrouve un autre 400 000$ par année, et après il faut que je paie les résiduels de dette, j’ai un autre 600 000$ par année. C’est illogique, irresponsable et impossible», a-t-il clamé.

Il invite le maire de Montréal, Denis Coderre et le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, à leur présenter des «colonnes de chiffres avec des résultats, et là on va parler», a lancé M. Ferrandez mardi matin.

Benoît Dorais a quant à lui critiqué cette réforme du financement des arrondissements disant que plusieurs facteurs ne sont pas pris en considération par la Ville dans la redistribution des revenus, dont le profil socio-économique de la population, la fréquentation de certains sites et les caractéristiques patrimoniales des bâtiments.

«Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, nous dit que c’est une formule évolutive et qu’elle pourra changer. Mais nous, on dit que ça ne tient pas la route, il faut la revoir maintenant», a lancé M. Dorais.

De son côté, Luc Ferrandez a déploré ce qu’il considère être un «amateurisme» du maire de Montréal et du président du comité exécutif. «Ils sont de nouveaux venus, ils ne connaissent pas les arrondissements», a-t-il affirmé.

Du côté de la mairesse d’Outremont, Mme Cinq-Mars s’insurge du rapatriement de certains services à la ville-centre. «[La ville-centre va] gérer des compétences qui autrefois étaient gérées en arrondissement. Ce sont les fonctionnaires des arrondissements qui ont développé l’expertise sur le terrain», a-t-elle fait valoir.

Outremont, dont le budget annuel sera amputé de près de 20% en raison de la réforme, a déjà dû couper pour 2015 dans son service de sécurité publique, fermé des patinoires et couper d’autres services, a rapporté la mairesse.

«C’est une façon de faire qui a été calculée par des experts et qui n’a rien à voir avec le terrain», a affirmé Mme Cinq-Mars au sujet du calcul opéré pour la création de la réforme et la redistribution des budgets.

Questionné sur le sujet mardi matin au cours du conseil municipal, Denis Coderre a réaffirmé que la réforme est «un outil vivant. On va s’ajuster au fur et à mesure», a-t-il souligné. Il ajoute que la Ville fait également des investissements afin d’alléger la tâche des arrondissements, tels que le plan montréalais de lutte à l’itinérance ainsi que le projet pilote pour les commerçants de la Plaza St-Hubert, a-t-il donné en exemple.

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