Montréal
06:00 27 novembre 2014 | mise à jour le: 27 novembre 2014 à 06:00 temps de lecture: 4 minutes

Train de l’Est: les finances de l’AMT fragilisées

Train de l’Est: les finances de l’AMT fragilisées
Photo: AMT

Le premier départ de la ligne du Train de l’Est sera sonné lundi prochain à 5h40, à Mascouche. Pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), ce nouveau service de transport collectif ajoutera de la pression sur ses finances déjà fragiles.

«On n’a pas eu de revenu additionnel [pour cette sixième ligne de train de banlieue], a indiqué le président-directeur général de l’AMT, Nicolas Girard, en entrevue à Métro. Pour une deuxième année, on a dû réduire nos coûts internes.»

L’AMT a réalisé quelques économies en révisant la gestion de ses opérations, en réduisant ses coûts de carburant et en diminuant ses effectifs de près de 4% cette année.

L’exploitation de la ligne Mascouche coûtera 26,9M$ au cours de la prochaine année. Les municipalités, qui seront desservie par ce nouveau service, payeront 40% de la facture alors que les usagers en assumeront environ 20% par le biais de la tarification, d’après des estimations d’achalandage très conservatrices de l’AMT. Celle-ci complètera le financement à partir de son budget d’exploitation.

En vue de la mise en service de la nouvelle ligne de train de banlieue, l’AMT a offert des billets gratuits aux personnes intéressées. Jusqu’à 10 100 clients potentiels, se trouvant majoritairement dans Lanaudière, ont répondu l’appel. L’AMT attend quotidiennement près de 11 000 passagers dans les trains de la ligne Mascouche. Celle-ci sera en opération seulement du lundi au vendredi, comme les lignes Vaudreuil-Hudson, Mont-Saint-Hilaire et Candiac. À chaque jour, il y aura 16 départs, dont 5 en période hors-pointe.

«L’histoire nous démontre que généralement, nos prévisions sont dépassées, a affirmé M. Girard. On verra les résultats à l’ouverture et dans les premiers mois».

L’AMT a déjà élaboré un plan au cas où l’achalandage dépasse largement les prévisions. Des trains comportant une locomotive bimode et 6 voitures seront sur les rails à la mise en service de la ligne Mascouche. Jusqu’à quatre voitures pourront être ajoutées si la demande est importante. Un nouvel appel d’offres devra toutefois être lancé, avec l’accord du gouvernement du Québec, puisque l’AMT n’a pas de voiture libre garée dans ses garages.

«On est confiant de trouver des solutions avec le gouvernement pour pouvoir acheter des voitures supplémentaires, a dit le président de l’AMT. Cela nous permettrait de répondre à des besoins additionnels sur la ligne Mascouche et aussi sur l’ensemble de nos lignes. Je pense notamment à la ligne Vaudreuil-Hudson.»

Pour ajouter de nouveaux départs sur la ligne Mascouche, l’AMT devra a priori s’entendre avec le Canadien National (CN), qui est propriétaire d’une partie du tronçon ferroviaire montréalais, et surtout discuter avec les municipalités, qui devront pour leur part augmenter leur contribution.

La mise en service du Train de l’Est coûtera au total 671,4M$, comme l’indiquait l’enveloppe budgétaire révisée en 2012. À l’origine, le coût du projet s’élevait à 300M$.

Par ailleurs, la réserve de 90M$ ne sera pas toute dépensée, s’est félicité Nicolas Girard. À ce jour, l’AMT a eu besoin d’environ 23M$. M. Girard n’a pas été en mesure de dire le montant exact de la réserve qui sera utilisé.

Un projet presque terminé
Au moment de sa mise en service, la ligne Mascouche sera complétée dans une proportion de 92,6%.

  • Les gares Sauvé et Pointe-aux-Trembles seront toujours en chantier. La proximité à un site écologique explique le retard des travaux pour la première alors que pour la deuxième, c’est sa localisation sur l’emprise ferroviaire du CN qui est en cause.
  • Le stationnement incitatif de la gare Saint-Michel–Montréal-Nord ne sera pas ouvert la semaine prochaines. Des pourparlers avec l’ancien propriétaire et le ministère de l’Environnement ont retardé le début des travaux.
  • Tous les travaux seront terminés au printemps 2015.

Le Train de l’Est en chiffres

  • 13 gares, dont 10 ont été construites précisément pour le projet
  •  52km de travaux, dont 13km de nouvelles voies de chemin de fer
  • 270 supports à vélo
  • 2 900 places non-payantes dans les stationnements incitatifs