Montréal

Le métro de Montréal dans l’œil d’une caméra

Photo: Yves Provencher/Métro

Le métro est un emblème mal aimé qu’il faut se réapproprier, croit Nadine Gomez, qui réalisera le premier documentaire sur le sujet grâce à la résidence Regard sur Montréal.

Son projet de court métrage a été préféré, jeudi dernier, aux 27 propositions reçues par le jury de cette résidence destinée aux cinéastes émergents issus des communautés culturelles. Mme Gomez disposera de 75 000$, offerts par le Conseil des arts de Montréal, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et l’Office national du film du Canada (ONF) pour accoucher d’un film à l’automne 2015.

«À force de prendre le métro tous les jours, on oublie de le regarder. Je fais ce film pour qu’on le regarde à nouveau», a déclaré celle qui s’est déjà intéressée aux structures urbaines avec son film Le Horse Palace.

En faisant ses premières recherches, Mme Gomez a été étonnée de constater qu’aucun documentaire n’avait été fait sur cette infrastructure majeure, mis à part de vieux films sur sa construction. «On oublie l’importance que le métro a eue dans le développement de la ville», a analysé Mme Gomez.

La jeune femme considère que le métro recèle de petits trésors. «La particularité du métro de Montréal est que chaque station est différente esthétiquement, a-t-elle souligné en entrevue avec Métro. À la station Crémazie, par exemple, il y a une grosse fresque sculptée ronde dans laquelle sont écrits des poèmes. Ça peut avoir l’air bizarre.»

Ce qui fascine le plus Mme Gomez, c’est toutefois la dimension humaine du métro. «C’est un lieu où tu es forcé de cohabiter avec des gens qui viennent de partout, a-t-elle souligné. Tu peux furtivement regarder les autres, écouter des conversations, flirter, rencontrer. En même temps, tu peux facilement être irrité par les gens qui poussent pendant que tu crèves de chaleur.»

«Il faut continuer à préserver, défendre et aimer notre métro.» – Nadine Gomez, cinéaste

 

«On a tous déjà été pris dans un wagon avec un personnage étrange sans pouvoir y faire quoi que ce soit, a-t-elle poursuivi. C’est intéressant de voir comment les gens réagissent. Le malaise est génial, tu es pris pour le regarder ou pour regarder par terre!»

La cinéaste veut que son film, sous forme d’un 24 heures dans le métro, montre les dessous de ce dernier. «Il y a des choses qu’on ne voit pas, comme ce qui s’y passe la nuit», a-t-elle dit. Elle veut aussi qu’il reflète la réalité des individus qui le fréquentent, en allant recueillir les anecdotes d’usagers, d’employés, de musiciens, de camelots, de propriétaires de dépanneurs, de vendeurs de bijoux.

Le métro est victime de négligence, déplore par contre Mme Gomez. «Ce n’est pas vrai qu’on n’a pas les moyens d’améliorer son efficacité et de mieux entretenir les stations. C’est un problème de volonté», a-t-elle estimé.

Mme Gomez croit que, malgré ses défauts, il vaut la peine d’être montré. «J’aimerais que ce film voyage pour montrer notre beau métro dans le monde!»

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