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Trois ministres canadiens dénoncent la «crise» à Radio-Canada

Photo: Yves Provencher/Métro

Les ministres responsables de la francophonie de trois provinces canadiennes dénoncent la «crise» chez Radio-Canada, et exigent que le diffuseur public maintienne son service local dans toutes les communautés francophones du pays.

Les ministes responsables de la francophonie au Québec, Jean-Marc Fournier, en Ontario, Madeleine Meilleur, et au Nouveau-Brunswick, Françine Landry, ont rencontré lundi le PDG de Radio-Canada, Hubert Lacroix, pour lui faire part de leurs inquiétudes. Ces trois provinces recoupent la majeure partie des francophones canadiens.

«Ce diffuseur public doit avoir des moyens en français dans toutes les communautés du Canada. Lorsque la loi de Radio-Canada [NDLR: Loi sur la radiodiffusion de 1991] a été créée, c’était pour tisser un lien de solidarité dans la francophonie, entre autres, a lancé M. Fournier en point de presse. Il n’y a pas, en ce moment, les fonds nécessaires pour supporter la mission de Radio-Canada. Reconnaissons ce fait.»

Selon le ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, quelque 2,5 millions de francophones vivant à l’extérieur du Québec ont pour seul filet de communication dans leur langue le diffuseu public.

«Si on réflète moins les réalités locales et régionnales des communautés, forcément, le service public n’est plus celui auquel on s’attendait», se désole-t-il.

«La [Loi sur la radiodiffusion] n’arrive plus à être respectée, vu les sommes d’argent investies.» -Jean-Marc Fournier, ministre responsable de la Francophonie canadienne. Cette loi a établi la mission de Radio-Canada, dont un article stipule que le diffuseur public doit «sauvegarder, enrichir et renforcer la structure culturelle» du pays.

 

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Madeleine Meilleur, affirme que ces concitoyens ressentent les coupes de quelque 400M$ effectuées chez le diffuseur public depuis 2008.

«Les franco-Ontariens, comme les autres francophones dans l’ouest du pays, veulent s’entendre et se voir. Disons que la circulation dense du pont Champlain de Montréal les intéresse moins, juge-t-elle. Quand je me lève le matin, je veux savoir ce qui se passe en Ontario français, si je n’en entends pas parler à Radio-Canada, je vais aller vers la CBC ou une autre chaîne.»

Les ministres espèrent réussir à convaincre d’autres provinces à se joindre à eux. Ils rencontreront dans les prochaines semaines le comité sénatorial sur les langues officielles, et celui sur les transports et la communication. Ils entendent aussi exposer leurs inquiétudes aux caucus des partis politiques fédéraux, en prévision des élections générales d’octobre.

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