Allez voter!
On ne peut pas dire que le développement durable fasse réellement partie du débat électoral actuel. Pourtant, cet enjeu est au cour de tous les débats sur la santé, l’éducation, l’économie et même la famille!
Cela fait déjà plus de 20 ans que la présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations Unies, Gro Harlem Brundtland, a publié son rapport Notre avenir à tous. Ce rapport phare de 1987 présentait le concept du développement durable. Encore aujourd’hui, sa proposition est mal comprise. Si pour les uns, c’est une façon de parler d’environnement, pour les autres, c’est une façon de ne plus parler de réglementation environnementale.
Dans les faits, Mme Brundtland faisait les constats suivants: en dépit d’un développement économique sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’écart entre riches et pauvres s’accentuait et les ressources naturelles s’épuisaient à un rythme alarmant. Elle proposait alors un développement économique ayant comme balises la protection de l’environnement et l’équité sociale. Bref, sa proposition était d’équilibrer nos choix collectifs sur trois piliers: l’économie, le social et l’environnement.
Un beau concept pour occuper les universitaires me direz-vous? C’est ce que plusieurs écologistes ont pensé pendant longtemps. D’autres, plus critiques, se sont dits que cela risquait carrément d’ouvrir la porte au «greenwashing». Par exemple, cela permettrait à une grande pétrolière exploitant sables bitumineux et forages profonds en mer d’affirmer qu’elle exerce un développement durable parce qu’elle recycle le papier à son siège social et qu’elle traite bien ses employés.
Pour ma part, j’ai plutôt tendance à soutenir le concept. Non pas pour qu’il remplace d’autres impératifs de la démocratie, comme les manifestations spectaculaires de Greenpeace, qui jouent un rôle fondamental, mais pour qu’il vienne renforcer l’atteinte de nos objectifs. Le développement durable fait maintenant partie de lois aux niveaux municipal, provincial et fédéral et est aussi cité dans plusieurs traités internationaux. Notre défi est à présent d’imposer NOTRE définition.
La Maison du développement durable tentera, de façon très concrète, de faire la démonstration de l’application de cette définition du développement durable. Au-delà des aspects écologiques du bâtiment, nous avons tenu à intégrer un volet social au projet.
Premièrement, en incluant des objectifs sociaux à la construction. C’est ainsi que nous avons attribué à Boulot vert…, un organisme de réinsertion sociale, le contrat de fabriquer du mobilier intégré. Du coup, nous participons à l’intégration de jeunes montréalais au marché du travail.
Deuxièmement, le développement durable passe par le choix des membres copropriétaires du bâtiment. Amnistie internationale et Option consommateurs sont deux des neuf membres de cette initiative. Ils y sont pour nous rappeler que les plus démunis (au Québec) et les droits de la personne (partout sur la planète) sont des éléments clés du développement. Pensez aux changements climatiques. Ils frappent déjà de multiples communautés, incluant les autochtones et Inuits du Nord du Québec.
Enfin, 72 enfants feront les premiers pas de leur parcours éducatif dans un Centre de la petite enfance situé dans la Maison du développement durable; après tout, c’est pour eux que nous développons notre société. Je suis persuadé que vous avez déjà vu un politicien embrasser un enfant dans une garderie. Il me semble que l’électorat est assez intelligent pour comprendre le lien entre un enfant de trois ans et la protection de l’environnement. Pourtant, nous n’avons pas du tout entendu parler de développement durable pendant ces élections…
Informez-vous et allez voter!