Postes Canada: Montréal étudie ses options
Le maire de Montréal compte donner suite aux recommandations qu’on lui a formulées à l’égard de Postes Canada et ne rejette pas l’invitation à joindre le recours en Cour fédérale contre la société d’État.
«On va réfléchir, c’est une question stratégique, a affirmé Denis Coderre, mercredi. On regarde ce qu’il se passe du côté de la Cour fédérale avec le syndicat [des travailleurs et travailleuses des postes] notamment. C’est de ça que je veux parler avec [Benoît] Dorais [président de la commission], sur notre statut d’intervenant et qui doit le faire», a-t-il ajouté, questionné à savoir qui entre la Ville ou l’agglomération de Montréal pourrait se joindre au recours.
À la demande du conseil municipal, la Commission sur le développement social et la diversité montréalaise étudie, depuis décembre dernier, l’impact sur la population montréalaise que pourrait avoir la décision de Postes Canada de mettre fin à la livraison du courrier à domicile en milieu urbain. Ses six recommandations ont été adoptées mercredi à l’unanimité et seront déposées au conseil municipal de lundi.
Elle recommande notamment à la Ville de déposer une requête en Cour fédérale pour intervenir et se tenir informée du déroulement du recours entamé le 4 novembre dernier notamment par le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP) qui conteste la décision de Postes Canada.
Du côté de l’opposition officielle, le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a quant à lui salué avec enthousiasme cette recommandation. «C’est une excellente idée. Il faut que la ville s’oppose de pied ferme à Postes Canada et les rappelle à la réalité», a-t-il réagi.
Le maire Denis Coderre a réitéré mercredi sa demande de moratoire sur l’installation des boîtes postales communautaires. «Je le demande [au gouvernement fédéral], et on va le faire officiellement, si ça prend une lettre on va le faire aussi», a ajouté le maire. Il critique la stratégie de Postes Canada et son plan de restructuration qu’il qualifie d’«improvisé». «Postes Canada nous dit des choses, ils nous inventent une consultation qui n’est pas là, et ils font un peu ce qu’ils veulent. On nous disait qu’il fallait réorganiser [le service] parce qu’il y avait une situation financière [préoccupante], mais dans les derniers trimestres, il y a quand même eu des profits», s’est-il indigné.
La Commission avait décrié «l’insuffisante consultation publique dirigée par Postes Canada» avant d’entreprendre son plan d’implantation des boîtes postales communautaires. Elle a également soulevé «les problèmes d’implantation et d’entretien [des] boîtes postales communautaires», une réalité que le maire a fustigée, mercredi.
«Encore un plan qui a été fait sur papier, et maintenant quand on arrive sur le terrain, on s’aperçoit qu’il est inapplicable dans bien des cas, qu’il y a des conséquences graves», a ajouté Luc Ferrandez.
Denis Coderre admet que le volume de courrier est en baisse dans les dernières années en raison du développement des nouvelles technologies, mais suggère que le courrier pourrait être distribué 2 ou 3 fois par semaine plutôt que 5 fois par semaine.
La Commission recommande aussi à la Ville de faire valoir au gouvernement fédéral «les conséquences financières et opérationnelles» ainsi que «les ratés de l’implantation des boîtes postales communautaires». Elle propose que la Ville exige de Postes Canada une étude sur les conséquences économiques de la perte d’emplois que sa décision entrainerait.