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Montréal: Les contrats d’asphaltage surveillés par l’inspecteur général

L’inspecteur général de la Ville de Montréal a accepté de réaliser un plan de surveillance en continu des contrats d’asphalte et de revêtement des rues, a appris Métro.

C’est la première fois que le Bureau de l’inspecteur général (BIG) réalisera un plan qui assurera une surveillance pendant l’octroi ou la réalisation de contrats. Jusqu’à maintenant, l’inspecteur général a publié trois rapports d’analyse faits après l’octroi ou la réalisation de ces ententes.

Avec ce nouveau plan, l’inspecteur général Denis Gallant et son équipe pourront «observer comment sont rédigés les devis, les appels d’offres, aller assister aux comités de sélection, suivre s’il y a des extras ou regarder si la facturation est conforme aux travaux réalisés» dans les contrats d’asphalte, a énuméré à Métro Éric-Christopher Desnoyers, premier inspecteur général adjoint. «On agit live, dans un contrat», se réjouit-il. S’il juge qu’il y a des manquements, l’inspecteur général pourra alors mettre un terme au processus, comme le permettent les pouvoirs qui lui sont conférés.

La Ville a demandé il y a deux semaines au BIG de réaliser «une surveillance continue et active du programme complémentaire de pavage-revêtement par prévention», a indiqué Lionel Perez, responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville, lors du dernier conseil municipal le 23 février. Alors interrogé par l’opposition officielle, Projet Montréal, sur le fait qu’un contrat de services professionnels accordé à l’externe pouvait rendre la Ville vulnérable à la «collusion, la fraude et la corruption», M. Perez a fait valoir que la guerre à la collusion était une «guerre d’usure» et a énuméré une liste de moyens permettant à la Ville de limiter les risques, dont cette nouvelle mesure.

Le BIG a confirmé à Métro qu’il avait accepté ce mandat et qu’il était en pleine élaboration de ce «plan de monitoring».

«Il faut se rappeler qu’il y a quand même un historique au niveau de la collusion et de la corruption. Et ça pourrait être ici un secteur d’intérêt, que l’administration aurait jugé comme sensible», souligne M. Desnoyers, qui admet que «c’est un secteur qui intéresse» aussi le BIG.

Certains travaux seraient déjà en cours pour la réalisation de ce plan, précise M. Desnoyers, mais des détails restent à compléter. «Je ne vous dévoilerai pas notre plan, mais disons qu’on a pas mal une idée de ce qu’on veut faire», avance-t-il. Puisque les travaux d’asphaltage ne peuvent être réalisés durant l’hiver, le plan sera davantage mis en application à l’arrivée des temps chauds.

M. Desnoyers assure que pour mettre sur pied leur plan, le BIG s’inspire de l’expérience des États-Unis qui compte 245 inspecteurs généraux, via l’Association des inspecteurs généraux. Le bureau de Montréal peut également compter sur l’expertise de plusieurs professionnels au sein de leur formation pour mettre en œuvre ce plan de surveillance, dont des informaticiens, des ingénieurs, des experts en approvisionnement ou en juricomptabilité, et des enquêteurs ayant fait carrière dans les forces de l’ordre.

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