Grève étudiante: certains s’accrochent, d’autres décrochent
Certains étudiants ont choisi mardi de poursuivre leur mouvement de grève contre les mesures d’austérité du gouvernement provincial amorcé depuis deux semaines, alors que d’autres ont plutôt décidé de retourner en classe en votant contre la reconduction de la grève.
L’Association étudiante des cycles supérieurs de science politique de l’UQAM (AECSSP) a voté pour la grève générale illimitée mardi, par un vote à «forte majorité». Elle emboîte ainsi le pas à l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH), qui avait été la première lundi à prolonger son mandat de grève. Si l’AFESH doit tenir chaque semaine une assemblée de «positionnement politique» pour se prononcer sur la tenue d’un vote de grève, l’AECSSP n’a pas adopté une telle mesure.
L’Association générale étudiante du Cégep du Vieux-Montréal (AGECVM) a elle aussi voté pour la reconduction de la grève par un vote très serré de 1077 voix contre 1037. La reconduction de la grève est d’une durée d’un peu plus d’une semaine, soit jusqu’à la prochaine assemblée générale, mercredi le 15 avril. L’association a dû réaliser deux recomptages des voix à la suite d’irrégularités dans le processus de votation qui avait été rapportées. Après les deux premiers comptages, les opposants à la reconduction de la grève étaient toutefois en majorité.
Les étudiants en langue et communication de l’UQAM ont quant à eux choisi de retourner en classe en votant contre la poursuite du débrayage par un vote à «forte majorité». L’Association facultaire des étudiants de langue et communication de l’UQAM (AFELC) a ainsi été la première association à se retirer du mouvement de grève en action depuis deux semaines.
L’Association des étudiants aux cycles supérieurs en science politique de l’Université de Montréal (AECSSPUM) et l’Association étudiante d’histoire de l’Université de Montréal (AÉHUM) l’ont suivie en fin de journée mardi, votant eux aussi contre la reconduction de la grève.
Plus de 55 000 étudiants sur dix campus différents ont été en grève du 23 mars au 3 avril, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement provincial. Des dizaines d’autres associations vont sonder leurs membres sur la poursuite de la grève cette semaine.
L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), lors de son congrès cette fin de semaine, a adopté un nouveau plan d’action, appelant de nouveau à la mobilisation et à la reconduction de la grève. Sa nouvelle porte-parole intérimaire, Hind Fazazi, avait toutefois laissé savoir que l’ASSÉ laissera aux associations étudiantes le soin de décider si elle choisissent ou non de reconduire la grève. Une lettre de l’ancien exécutif envoyé une semaine avant le congrès aux différentes associations, évoquant la possibilité de suspendre la grève ce printemps pour mieux la relancer à l’automne prochain, n’avait pas plu à plusieurs associations. L’exécutif avait alors remis sa démission et a également été démis de ses fonctions par les membres.