Vitesse dans les rues: des citoyens redoutent un drame
Daniel Gionet, un résident de la 8e avenue, aperçoit avec consternation la scène d’accident alors qu’il sort de chez lui, un matin du mois d’avril dernier. Il voit une ambulance et une remorqueuse. Des débris de véhicule jonchent le bitume. Un chauffard qui roulait à vive allure a embouti la voiture de son voisin qui était stationnée dans la rue. C’était la troisième voiture démolie dans le voisinage en un an.
Un an auparavant, le véhicule de ce résident de Pointe-aux-Trembles et celui d’un autre voisin ont été envoyés à la casse dans des circonstances similaires. «La vitesse a toujours été un problème à cause du boulevard Saint-Jean-Baptiste, constate M. Gionet. Aux heures de pointe, des gens se tannent d’être dans le bouchon et passent sur notre rue puisqu’elle est large.»
Le résident, qui a interpellé les élus au conseil d’arrondissement du 2 juin dernier, s’inquiète qu’un accident ne survienne dans ce secteur fréquenté par de nombreux enfants. «Je vis en face d’un parc où plusieurs garderies viennent jouer. L’endroit n’est pas clôturé. Je ne comprends pas que la vitesse permise soit 40 km/h. Elle devrait être abaissée à 30km/h.» M. Gionet préconise l’installation de dos d’âne et une présence policière accrue dans le secteur la nuit.
Autre quartier, même problème
Un autre résident de Pointe-aux-Trembles a tenu à alerter les élus quant à la problématique de la vitesse, cette fois-ci à l’angle des rues Robert-Chevalier et Forsyth. «Chaque personne du voisinage a son histoire de vitesse», a illustré Maxime Gagnon, parent et président du conseil d’administration du CPE La Flûte Enchantée, en remettant au conseil d’arrondissement une pétition de près de 200 signatures qui réclamait des mesures d’apaisement, comme des dos d’ânes.
M. Gagnon reconnaît que la présence de policiers a atténué en partie la problématique, mais de façon temporaire.
«Les gens ne font pas leur stop. Je ne pense pas qu’ils soient négligents. Le quartier est mal configuré. En partant du boulevard Tricentenaire, il y a une courbe sur Forsyth que les gens ne voient pas. Quand ils voient le panneau d’arrêt, ils sont déjà en pleine vitesse. On ne veut pas qu’un enfant de trois ans roule sous la voiture d’une dame par accident.»
Une politique sur l’apaisement de la circulation?
Si la mairesse Chantal Rouleau s’est montrée peu encline à l’installation de dos d’ânes, évoquant des motifs de «sécurité publique», l’élue a signalé sa préoccupation au sujet de la vitesse.
«Nous aurons une réflexion pour une politique d’apaisement de la circulation pour l’ensemble de l’arrondissement.» Invitée à préciser sa pensée au sortir du conseil, Mme Rouleau n’a pas voulu en dire davantage sur cette politique. «On a entamé la réflexion parce que de manière régulière, on travaille des cas bien particuliers alors que la problématique se retrouve partout dans l’arrondissement. On veut avoir une vision plus globale des rues Notre-Dame, du boulevard Gouin, mais aussi des petites rues comme Robert-Chevalier et Forsyth. Les gens pensent que les dos d’âne règlent tout, il a été prouvé que ce n’est pas le cas. On veut trouver d’autres solutions, comme nous l’avons fait pour les abords des écoles, avec Vélo Québec, l’an passé.»