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Un chantier à l’abandon suscite la grogne

Photo: Yves Provencher/Métro

Des trous partout, de la poussière à longueur de journée, des tuyaux rouillés et une odeur d’égout récurrente : les résidants de la rue Hogan en ont marre de vivre dans une «dompe».

«On a appelé notre rue Beirut et même Bagdad», a avoué à Métro Marie-Des Anges Rosetto, résidante de cette rue dans l’arrondissement de Ville-Marie.

La ville-centre a entrepris des travaux d’égouts et d’aqueduc sur la rue Hogan, entre Rouen et Ontario, au mois d’avril. Au début du mois de mai, les travaux ont dû être arrêtés, laissant en plan tout ce chantier depuis maintenant plus de deux mois. «Depuis ce temps-là, ça ne bouge plus», gronde Yvan Gélinas, un autre résidant lassé de la situation.

Un trou sur la rue est creusé si profond que le tuyau d’égout est à découvert et fait émaner des odeurs nauséabondes lors de grandes chaleurs. «C’est des égouts à ciel ouvert, a illustré Océane Vicente, qui occupe l’immeuble en face. On a même vu du papier de toilette qui dépassait du trou», a ajouté celle qui s’inquiète également pour la sécurité des enfants du secteur.

Les citoyens déplorent que l’entrepreneur continue, malgré l’arrêt des travaux, d’entreposer son matériel devant leurs résidences. Des tuyaux rouillés, des rétrocaveuses, des conteneurs, des bordures de granite et des amas de pierres sont toujours visibles. «C’est devenu une dompe», a déploré Mme Vicente.

Avec le sable, la poussière et la terre répandus sur la rue, Mme Rosetto a nouvellement eu des problèmes d’infiltration de fourmis dans sa résidence. Comme la rue est fermée à la circulation, que des grillages sont toujours présents et que les voitures de l’entrepreneur en construction occupent l’espace devant les résidences, impossible pour les résidants de se stationner en face de leur demeure. «S’il y a un feu, les pompiers ne vont jamais pouvoir venir. Si je me casse une jambe, je ne peux plus rentrer chez moi», avance Mme Vicente qui se rend chez elle par la ruelle.

Un égout temporaire ayant été installé sur la rue et recouvert de planches de bois devant l’entrée de chaque immeuble, les résidents s’inquiètent pour la sécurité de leur voisinage. «Quand il pleut, c’est dangereux, constate M. Gélinas, ce n’est pas antidérapant.

«Notre rue, c’est une cour de compagnie de construction.» –Yvan Gélinas, résidant de la rue Hogan

Sols contaminés ou artéfacts?
La découverte de «sols contaminés» explique la suspension depuis deux mois des travaux sur la rue Hogan, a affirmé la Ville à Métro.

Ces sols contaminés étaient «de nature différente de celles prévue lors de la conception», a simplement indiqué la Ville à Métro, sans plus de détails. L’administration dit avoir interrompu les travaux afin de «vérifier la disponibilité des budgets requis pour régler cet imprévu et déterminer le meilleur scénario pour disposer des sols contaminés».

Pourtant, les citoyens consultés par Métro ont tous affirmé avoir reçu une communication de la Ville dans les dernières semaines indiquant que la découverte d’artéfacts nécessitant des fouilles archéologiques, dont des ossements d’animaux, avait causé l’arrêt de la construction.

La Ville de Montréal ajoute que, les études nécessaires ayant été réalisées, les travaux doivent reprendre jeudi. Une lettre, consultée par Métro, avait toutefois été envoyée aux résidants le 22 juin par la Ville, assurant que les travaux allaient reprendre dans la semaine du 29 juin.

Quoi qu’il en soit, Océane Vicente, résidante de la rue Hogan, déplore que la rue transformée en chantier de construction soit restée aussi peu agréable pour ceux qui l’habitent, malgré qu’aucune activité ne s’y déroule depuis deux mois.

«Et puis, comme le chantier doit durer 80 jours et qu’il n’ont fait qu’environ deux semaines de travaux, on en a encore pour plusieurs semaines dans ce milieu de vie», s’impatiente Mme Vicente.

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