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Rue Peel: un chantier lourd de conséquences pour les commerçants

Le chantier de construction de la rue Peel donne des maux de tête aux commerçants qui dénoncent une atmosphère peu propice aux affaires.

Les restaurateurs et les détaillants devront toutefois prendre leur mal en patience, car ce chantier affiche déjà un retard de deux semaines sur son échéancier initial, confirme la Ville. Des amendes allant de 8000$ à 9000$ par jour de retard pourraient être imposées à l’entrepreneur en construction.

Plusieurs commerçants le reconnaissent sans hésiter : ce chantier à cœur ouvert entre le boulevard de Maisonneuve et la rue Sainte-Catherine affecte lourdement leur productivité et leur chiffre d’affaires.

Julie Poirier, maître d’hôtel au Ferreira Café, regrette que l’entrepreneur amorce tous les jours des travaux plus intenses avec le marteau piqueur sur l’heure du dîner, en pleine période d’achalandage.

Il est difficile pour elle de chiffrer précisément les baisses de revenus que le restaurant a dû éponger, mais il est clair que les touristes ne sont pas au rendez-vous. Seuls les habitués restent fidèles au poste, bien que plusieurs se posent des questions sur les travaux dans le secteur, rapporte la restauratrice.

Dans la dernière semaine, les travaux de construction ont entraîné le bris d’une conduite d’eau. Le restaurant a ainsi été privé d’eau pendant 48h.

Mme Poirier aurait aimé que la Ville de Montréal consulte les commerçants avant les débuts des travaux afin d’établir la structure du chantier et ses horaires de manière à réduire les effets sur les activités commerciales.

«On nous avait dit que les trottoirs ne seraient pas utilisés par l’entrepreneur en construction, mais on peut voir que ce n’est pas le cas. Il y a des tuyaux sur le bord des trottoirs qui limitent l’espace disponible devant notre restaurant», critique Mme Poirier.

Un peu plus haut sur la rue, le réputé café Vasco da Gama peine lui aussi à composer avec la réduction de son chiffre d’affaires d’au moins 30% depuis le début des travaux au mois de mars, a rapporté son propriétaire.

«Nous avons placé des tables à l’extérieur, mais personne ne les utilise, car elles sont collées au chantier. Ce n’est pas invitant», regrette George Ferreira, propriétaire du café.

Il déplore que les travaux ne durent que cinq heures par jour, mais que la rue reste fermée toute la journée. Impossible, selon lui, que les touristes viennent marcher sur la rue. Selon ses observations, les travaux commencent vers 10h et se terminent vers 16h, alors que le chantier devrait être opérationnel de 7h à 19h pour ne pas afficher de retard.

«Habituellement, toutes les tables sont prises au café Vasco da Gama. Je sais que je ne pourrai jamais m’asseoir quand je viens ici, a rappelé vendredi le chef de l’opposition officielle, Luc Ferrandez, venu faire une visite du chantier et parler aux commerçants. Pourtant, actuellement, c’est vide», regrette-t-il.

La Ville de Montréal dit être consciente des «défis» que ce chantier représente, mais blâme principalement un «manque de diligence» de la part de l’entrepreneur pour le retard accumulé. Lionel Perez, responsable des infrastructures à la Ville de Montréal assure avoir rencontré l’entrepreneur vendredi matin concernant ce retard. Un plan de redressement a été exigé par l’administration. Le rattrapage devrait être fait d’ici 2 ou 3 semaines, selon M. Perez, qui assure toutefois que les travaux se termineront à l’automne tel que prévu.

«C’est à notre point de vue un manque de diligence de la part de l’entrepreneur, une question d’organisation. Il ne travaille pas avec la cadence voulue, la rigueur voulue et on a demandé un plan de redressement», a fait part vendredi M. Perez.

Il assure toutefois que, selon les dires de l’agent de liaison de la Ville présent sur le chantier, les heures de chantier exigées, soit de 7h à 19h, sont respectées.

L’élu du comité exécutif a tenu à rappeler l’importance de la réalisation de ces travaux. «On parle de travaux majeurs d’excavation des égouts et des aqueducs qui sont centenaires. On parle d’un déficit d’entretien et d’infrastructures important qu’on doit rattraper», insiste-t-il. Il rappelle que les travaux ont été interrompus le temps du Grand Prix de Montréal pour permettre aux commerçants de tirer profit de l’événement.

À la lumière du chantier Peel, Luc Ferrandez s’inquiète pour la gestion des prochains chantiers comme celui sur la rue Sainte-Catherine.

Le Ville de Montréal avait annoncé au début de l’année qu’il y aurait une meilleure communication avec les citoyens aux abords des chantiers de construction. Ainsi, on retrouve effectivement quelques panneaux d’information aux abords du chantier sur la rue Peel indiquant le nom de l’entrepreneur, les dates de travaux et le type de travaux. «Insuffisant», dénonce M. Ferrandez.

Il estime que la Ville devrait aménager de meilleurs horaires de travaux pour accommoder les commerçants. Ainsi, si un entrepreneur responsable d’un chantier d’une telle ampleur en secteur commercial s’occupait également d’un autre chantier, il pourrait alterner entre les deux et libérer les restaurants en période de pointe, suggère le chef de l’opposition officielle.

Lionel Perez soutient que l’administration a rencontré la Société de développement commercial du secteur, qui représente les commerçants, avant les travaux. La même chose a été faite aussi pour les autres artères en travaux actuellement à Montréal.

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