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Québec aura le dernier mot sur la Maison Alcan

Photo: Yves Provencher/Métro

Le projet de développement d’une tour de 30 étages derrière le complexe de la Maison Alcan devra être examiné par le ministère de la Culture et des Communications (MCC) avant de que l’entrepreneur puisse songer à aller de l’avant.

Déjà, des organismes comme Héritage Montréal comptent d’ailleurs interpeller Québec pour l’inciter à faire avorter le projet.

Bien que l’arrondissement de Ville-Marie doive donner son approbation finale en septembre à ce projet immobilier au coin des rues Sherbrooke et Stanley, c’est la ministre de la Culture, Hélène David, qui aura le dernier mot si elle estime que le projet ne satisfait pas à l’ensemble des critères énoncés, a confirmé à Métro le MCC.

Comme la Maison Alcan se situe dans l’aire de protection du Mount Royal Club et du Mount Stephen Club – deux immeubles adjacents classés patrimoniaux, selon la loi provinciale –, la ministre pourrait donc renvoyer l’entrepreneur à la table à dessin ou mettre un terme au projet si elle juge qu’il ne satisfait pas aux critères de conservation de la valeur patrimoniale.

Le ministère n’a pas encore reçu de demande d’autorisation de la part de l’entrepreneur, mais comme celui-ci est obligé de faire cette demande, le processus devrait être enclenché prochainement. Après quoi, les experts du ministère évalueront le projet et «l’impact qu’il peut avoir sur les immeubles classés patrimoniaux», ce qui permettra ensuite à Mme David de prendre sa décision, a indiqué le cabinet de la ministre.

«Il y a très peu de projets aussi importants pour nous dans les 40 dernières années que la Maison Alcan, a soutenu quand à lui Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal, qui célèbre cette année ses 40 ans. La Maison Alcan prouve que le développement de la ville par le secteur privé peut se faire à échelle humaine et en enrichissant le patrimoine», dit-il alors qu’il compte interpeller la ministre de la Culture sur le sujet dans les prochaines semaines.

«Ça soulève la question du manque de reconnaissance dont jouit la Maison Alcan comme patrimoine.» – Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal, inquiet pour la suite du projet immobilier aux abords de la Maison Alcan

Il fait remarquer que les aires de protection du Mount Royal Club et du Mount Stephen Club, dans lesquelles se trouve la Maison Alcan, sont pionnières dans leur domaine. «Elles ont été créées en 1975, alors que la loi sur le patrimoine du Québec date de 1972. C’était donc parmi les premiers gestes qui ont été posés pour essayer de sauver le patrimoine», souligne-t-il.

Rappelons que dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est positionné en faveur de ce projet, faisant valoir qu’«un travail très soigné a été réalisé […] pour s’assurer de ne pas porter atteinte aux qualités reconnues de la Maison Alcan». Il estime qu’un tel projet est la démonstration du regain de vitalité du centre-ville.

Le Conseil du patrimoine de Montréal et le Comité Jacques-Viger ont étudié le projet le 15 mai dernier. Dans leur avis, les représentants disent avoir «un malaise devant la transformation majeure du site de la Maison Alcan […] et considèrent que le projet devrait s’arrimer davantage avec l’esprit qui a guidé le projet de conservation de la Maison Alcan au début des années 1980». Ils recommandent notamment de revoir «le positionnement de la tour de manière [à] respecter l’esprit du lieu» et «revoir la volumétrie du projet de manière à ce qu’elle soit compatible et harmonieuse avec le reste de l’îlot».

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