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Les défenseurs du logement social exigent des engagements de la part des partis

Alors que la campagne électorale bat son plein, différents groupes pressent les partis politiques de s’engager à cesser de réduire les subventions fédérales dédiées au logement social.

Réunis dans la circonscription de Papineau samedi pour célébrer les 30 ans de la coopérative d’habitation Nos Rêves, située dans le quartier Parc-Extension, la Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du Montréal métropolitain FÉCHIMM et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont tenu à interpeller tous les partis, sans exception.

«Plus de 123 000 ménages vont perdre leurs subventions fédérales au logement social, indique le porte-parole du FRAPRU, François Saillant. Le NPD et les libéraux se sont engagés à protéger les subventions existantes, mais il faudra les talonner après l’élection.» M. Saillant souhaite particulièrement plus d’engagements de la part du Parti libéral, qui ne parle pas de «logement social, mais plutôt de logement abordable», d’où l’idée de tenir un événement dans le comté où se présente le chef libéral Justin Trudeau.

D’abord à l’enjeu : l’Aide assujettie au contrôle du revenu (AACR) qui permet à des personnes à faible revenu qui résident dans une coopérative d’habitation de recevoir une compensation monétaire pour leur loyer. Ces compensations sont régies par des conventions qui lient les coopératives à la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL). «Le gouvernement Harper a décidé que lorsque la convention arrive à terme, que la compensation était finie», explique à Métro un membre du conseil d’administration de FÉCHIMM, Pierre-Alain Cotnoir. Cela fait que des gens qui consacrent déjà une partie substantielle de leur revenu pour se loger devraient en consacrer encore plus, sinon ils doivent quitter leur coopérative.»

Selon les chiffres de l’organisme, 40 coopératives ont déjà vu leur convention prendre fin dans la région de Montréal et cela arrivera à 313 autres d’ici 2028. Ils estiment que plus de 3000 ménages perdront ainsi l’Aide assujettie au contrôle du revenu qui permet à plusieurs familles de jouir d’un logement décent à prix modique. «Certaines coopératives qui ont vu leur convention finir, se sont mis à faire une sélection de gens qui ont des revenus plus importants, en tenant compte qu’il n’y aurait pas d’AACR, puisque la coop doit survivre et payer son hypothèque», soutient M. Cotnoir.

Le NPD «s’est engagé fermement» à rétablir cette subvention, souligne la coordonnatrice à la mobilisation et à la vie associative de la FÉCHIMM, Louise Constantin. «On aimerait ça entendre les libéraux se mouiller un peu plus, indique M. Cotnoir. On ne se fait pas d’illusion du côté des conservateurs, mais il faut les interpeller aussi et le Bloc, qui pourrait pousser dans le dos des députés une fois élus.»

Motion en suspens

La députée d’Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet avait déposé une motion pour maintenir l’AACR en 2013. Cette motion en était encore à l’étape de première lecture lors du déclenchement du scrutin. «On veut maintenir ce financement là et on veut que les groupe soient capables de signer de nouvelles ententes plus avantageuses», explique Mme Boutin-Sweet, qui est porte-parole de l’opposition en matière de logement. Après le 19 octobre, la députée croit que le prochain gouvernement devrait s’assurer qu’aucune nouvelle convention ne sera échue et «de signer des nouvelles ententes rapidement» pour ceux dont la convention est déjà arrivée à terme.

La députée est confiante d’obtenir de l’appui des autres partis pour cette motion, même dans le cas où le NPD n’est pas porté au pouvoir, où s’il s’agit d’un gouvernement minoritaire. «Je connais des députés conservateurs qui dans leur circonscription ont des coopératives et qui pourraient écouter et comprendre», juge-t-elle.

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