Eaux usées: Coderre maintient le cap
Après qu’il se soit attiré plusieurs critiques dans les derniers jours, le maire de Montréal a réitéré la position de son administration, lundi, soutenant que le déversement de 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent était la seule option possible.
«Je comprends que des gens soient choqués, moi le premier, a avoué du même coup Denis Coderre. C’est pour ça que j’avais demandé un moratoire de 2 jours, pour faire toutes les vérifications. Je veux réitérer aujourd’hui que nous n’avions pas le choix de prendre l’option choisie.»
Entre les 18 et 25 octobre, toutes les eaux non traitées qui sont habituellement acheminées à l’usine d’épuration par le collecteur sud-est seront plutôt déversées dans le fleuve Saint-Laurent, entre LaSalle et Rivière-des-Prairie, afin de procéder à la reconstruction d’une chute à neige, dans le cadre du projet Bonaventure.
Le ministre fédéral Denis Lebel, s’est dit «très préoccupé» par ce déversement, hier. Montréal, qui a déjà reçu son autorisation du ministère de l’Environnement du Québec, attend toujours l’aval d’Environnement Canada. Mais le maire, qui ne s’est pas montré inquiet, a révélé hier que de tels déversements avaient déjà été autorisés en 2003 et 2007. «J’espère que M. Lebel ne fera pas de la politique avec ça. Toutes les villes peuvent avoir des problèmes de surversement ou de déversement. Va-t-il l’interdit aux autres villes ?», a prévenu Denis Coderre.
Le maire soutient, tel que l’avait mentionné le président du comité exécutif vendredi, que cette quantité d’eaux usées déversées dans le Saint-Laurent représente 1% des eaux usées traitées par année à Montréal. Montréal profitera également de ces travaux pour éliminer de vieux cintres à l’intérieur du collecteur qui ralentissent le processus d’acheminement de l’eau. «Je veux m’assurer qu’on puisse canaliser cette énergie pour être encore plus efficaces au niveau des eaux usées», a souligné M. Coderre. Il affirme qu’il n’y aura pas d’impact sur l’eau potable, ni sur les municipalités environnantes. En raison du débit du fleuve, les experts consultés par la Ville soutiennent que le cours d’eau pourra absorber ces eaux usées sans problème. La basse température de l’eau limiterait la prolifération bactérienne et l’impact sur la faune et la flore, ajoute-t-il. Montréal refuse de faire ces travaux en hiver disant qu’ils ont besoin de cette nouvelle chute à neige qui dessert le centre-ville avant la saison froide.
Cependant, l’écologiste et candidat du Parti vert Daniel Green affirme que Montréal crée des risques inutiles en procédant maintenant, alors que ces risques auraient pu facilement être minimisés, même s’il admet que le déversement doit être fait pour procéder aux travaux requis.
«La Ville de Montréal aurait pu, par exemple, travailler au mois de février et on aurait pu déverser ces eaux usées quand il n’y a pas de migration de canards et d’autres oiseaux migrateurs, pas de chasseurs, de pêcheurs ou de plaisanciers sur le fleuve», a indiqué M. Green en entrevue avec La Presse Canadienne.
Entre-temps, selon lui, la neige aurait pu être accumulée sur les nombreux terrains vagues industriels déjà contaminés de la ville pendant que l’on construirait la nouvelle chute à neige.
Même son de cloche du côté de Projet Montréal qui a réitéré que ces déchets industriels, provenant autant des hôpitaux que des usines du secteurs, auront un impact sur la vie aquatique, faunique et la santé des berges.