Le projet de la Maison Alcan mis sur pause
Le maire de Montréal a accepté la demande de son conseiller Richard Bergeron qui suggère de mettre sur pause le projet de redéveloppement de la Maison Alcan, un ilot d’immeubles patrimoniaux au centre-ville de Montréal.
Alors que ce projet avait soulevé les critiques de l’opposition et de certains urbanistes et architectes, M. Bergeron, responsable de la stratégie du centre-ville au sein du comité exécutif, souhaite analyser de nouveau ce projet. «Je souhaite avoir des données additionnelles sur la situation immobilière au centre-ville de Montréal, notamment en ce qui concerne la situation spéculative, afin d’assurer un développement cohérent qui réponde aux besoins du marché locatif», a indiqué Richard Bergeron par voie de communiqué, précisant qu’il demande de reporter l’adoption du règlement lié au projet de la Maison Alcan.
Le conseiller élu dans l’arrondissement Ville-Marie, où se trouve la Maison Alcan, ajoute toutefois qu’il «ne remet pas en cause le travail des professionnels au dossier ni de la qualité du projet proposé». Bien qu’il reconnaisse la valeur de l’immeuble, il précise que la Maison Alcan est «malheureusement partiellement inoccupé pour le moment». Il persiste à croire qu’il faut «trouver le juste équilibre entre la préservation du patrimoine et les risques qui sont liés à l’inoccupation des lieux».
Le projet de redéveloppement de la Maison Alcan, un complexe situé à l’intersection des rues Sherbrooke et Stanley, consiste à démolir une partie de l’immeuble pour y construire une tour commerciale de 30 étages d’une hauteur de 120 mètres.
L’opposition officielle à la Ville de Montréal avait vivement critiqué le projet cet été, estimant qu’il créerait un important précédant au centre-ville de Montréal, particulièrement pour un secteur comme le Mille carré doré, qui comprend plusieurs immeubles patrimoniaux. «Ça veut dire que quelqu’un qui possède quelques immeubles de deux ou trois étages au centre-ville pourrait décider de les fusionner et de demander une construction en hauteur, comme s’il était propriétaire d’un immeuble de 10 étages», avait avancé Luc Ferrandez, chef intérimaire de Projet Montréal.
Le ministère de la Culture avait également confirmé à Métro que la ministre aura le dernier mot sur le processus d’approbation du projet.