L’amphithéâtre naturel du parc Jean-Drapeau ne sera pas prêt pour le 375e
Le site qui accueille à chaque année les festivals Osheaga, Heavy Mtl et Îlesoniq dans le parc Jean-Drapeau sera complètement réaménagé au coût de 70,4M$. Ce legs du 375e anniversaire de Montréal sera complété en 2019, soit deux ans après la grande fête de la métropole.
«Je ne suis pas content, mais je voulais que ça se fasse», a dit vendredi le maire de Montréal, Denis Coderre lors du dévoilement du projet. Il a expliqué les délais dans la réalisation de ce legs par le rapport accablant que l’inspecteur général a produit au printemps et qui soulevait des irrégularités dans l’octroi de quatre contrats par la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD). Il était notamment mentionné que ces contrats avaient été accordés de gré à gré et qu’aucune estimation – pourtant obligatoire – n’avait été faite. La Ville a par la suite résilié ces contrats, qui totalisaient 7,75M$, en plus de modifier la direction de la SPJD.
«Tout ne doit pas être réalisé pour le 375e, a ajouté M. Coderre. On utilise cette célébration pour amorcer un nouveau chapitre de Montréal. Il va y avoir des choses qui seront réalisées et d’autres qui ne le seront pas.»
Les travaux seront amorcés l’an prochain. Les spectacles qui sont habituellement présentés sur le site le seront au cours de l’année 2016, mais ils devront être déplacés en 2017 et 2018. Lors de la séance technique d’information, il a été mentionné que les événements pourraient être déplacés sur l’île Notre-Dame.
«Nous sommes déjà en train de travailler avec les différents promoteurs et partenaires pour trouver des solutions et il y aura des solutions», a assuré la présidente du conseil d’administration de la SPJD, Danièle Henkel.
Le site, qui se trouve dans l’ouest de l’île Sainte-Hélène, sera transformé «en amphithéâtre naturel» pour accueillir jusqu’à 65 000 spectateurs. Il n’y aura aucun siège pour assurer sa versatilité. Le sol sera stabilisé avec une dalle de béton et des équipements électriques y seront installés de façon permanente.
La scène sera orientée vers la ville de Saint-Lambert, qui s’est plainte à de nombreuses reprises au cours des dernières années du bruit au parc Jean-Drapeau. Une somme de 2M$ sera d’ailleurs consacrée à la recherche de solutions.
«On a fait des tests de son et ils sont conformes, a indiqué le maire Coderre. On fait ce que doit et on investit un 2M$ pour les mesures de mitigation. Tout le monde travaille dans le bon sens.»
Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie, était heureux d’apprendre que la Ville de Montréal s’attardera au problème de bruit au parc Jean-Drapeau qui embête à chaque année ses citoyens pendant la saison chaude.
«On veut qu’ils prennent en considération nos remarques, a-t-il dit. On ne veut pas arrêter les shows.»
M. Dépatie a noté une amélioration en 2015, mais encore des centaines de ses citoyens se sont plaints du bruit du spectacle. Les procédures judiciaires qu’a entreprises la Ville pour limiter le bruit au parc Jean-Drapeau doivent se poursuivre en 2016.
En plus de l’amphithéâtre, la SPJD entend restructurer l’allée centrale, qui relie la station de métro Jean-Drapeau, la sculpture de L’Homme de Calder, la Biosphère et le pont du Cosmos, qui donne accès à l’île Notre-Dame. Un bâtiment de service sera par ailleurs construit et le la promenade riveraine, qui borde le fleuve, sera revampée.
Projet Montréal a soulevé plusieurs questions à propos de ce projet, notamment en ce qui concerne l’accessibilité du site et la disparition des milieux humides.
«Il faudrait éviter que les besoins fonctionnels de l’endroit ne prennent le dessus sur les besoins naturels. Le parc Jean-Drapeau doit rester un espace vert», a insisté la conseillère de Ville-Marie, Valérie Plante.



