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Pas de port au Québec et des difficultés à Montréal pour TransCanada

Long industrial pipe angle shot Photo: Getty Images/iStockphoto

TransCanada renonce finalement à construire un port au Québec dans le cadre de son controversé oléoduc Énergie Est. Le tronçon montréalais rencontre lui aussi des obstacles.

Six mois après avoir abandonné son projet de port pétrolier à Cacouna, la société albertaine a confirmé jeudi ses intentions. Elle soumettra un nouveau tracé à l’Office national de l’énergie, l’organisme fédéral chargé d’autoriser ou non le projet visant à transporter quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains vers un terminal maritime au Nouveau-Brunswick.

«Nous avons mené des études approfondies au cours des derniers mois en plus d’avoir consulté plusieurs communautés locales», a expliqué en entrevue à La Presse Canadienne le président d’Énergie Est, John Soini. La société albertaine dit avoir étudié «plusieurs, plusieurs sites», mais n’a pas voulu dire si un endroit semblait plus avantageux qu’un autre.

Le projet fait face à plusieurs autres obstacles. Le premier ministre Philippe Couillard a déjà affirmé par le passé que son gouvernement ne soutiendrait pas le projet s’il ne procurait aucunes retombées économiques significatives pour le Québec.

Malgré l’absence d’un port pétrolier au Québec, l’entreprise albertaine martèle que les bénéfices à long terme seront au rendez-vous. Elle chiffre à 4039 le nombre d’emplois créés au Québec pendant les 7 années de planification et de construction, sans parler des revenus fiscaux et de la croissance du PIB qui se chiffrent en centaines de millions de dollars chaque année, selon TransCanada.

Avec l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, le projet devrait aussi être scruté sous la loupe de son impact sur les changements climatiques. En entrevue au quotidien Le Devoir, le nouveau premier ministre du Canada Justin Trudeau a déclaré que le projet Énergie Est ne verrait peut-être jamais le jour. «C’est ma prédiction. Mais ce n’est pas à moi de décider. Ce n’est pas au gouvernement du Canada de décider quel projet est bon et quel projet est mauvais».

Le porte-parole de TransCanada affirme de son côté «que la capacité de transport ne fera pas augmenter la production de pétrole et que les station d epompage des pipelines fonctionnent à l’électricité et sont donc moins polluantes que les trains de marchandises».

Plusieurs groupes écologistes se sont félicités de l’abandon d’un terminal pétrolier au Québec, mais ne relâchent pas la pression pour autant. «TransCanada continue d’obtenir des autorisations du gouvernement du Québec pour effectuer des travaux dans le fleuve en vue de la construction de son oléoduc, le tout sans évaluation environnementale», a déclaré Karel Meyrand, dg pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Les écologistes clament que pour limiter la hausse des températures à 2 Celsius, il faut laisser 85% des ressources pétrolières dans le sol et freiner tout projet qui accélérerait leur extraction et leur transport.

La prochaine étape pour le projet Énergie Est consistera à déposer sont tracé final avant d’être évalué par le Bureau des audiences publiques sur l’environnement au début 2016, puis par l’Office national de l’énergie, un peu plus tard dans l’année.

Et à Montréal?

Un des embranchements du tracé prévoit de relier la raffinerie Suncor de Montréal-Est en passant par Mascouche et Laval. Or, le franchissement de la rivière des Prairies pose problème. L’option de passer sous l’archipel du Mitan, un écoterritoire protégé, ainsi que dans l’emprise d’une ligne à haute tension d’Hydro-Québec qui pourrait entrainer une corrosion accélérée du pipeline. L’autre trajet envisagé passerait par les terrains de la DPJ à Cité des prairies qui indique s’opposer au projet. TransCanada indique qu’elle explore d’autres options.

Énergie Est tracé MTL

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