Statut de métropole: l’opposition à Montréal demandera à rencontrer le ministre
L’opposition officielle à la Ville de Montréal, Projet Montréal, demandera à rencontrer le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pour demander la création d’un livre blanc sur le statut de métropole.
Le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a réagi vendredi avec inquiétude aux révélations d’un texte de La Presse dans lequel on apprend que le maire de Montréal, Denis Coderre, aurait demandé à retirer, dans le cadre de la création du statut de métropole, plusieurs des pouvoirs qu’ont actuellement les arrondissements de Montréal. Dans les discussions avec le ministre Moreau à l’automne, le maire aurait notamment proposé que les arrondissements ne puissent plus fixer eux-même le salaire des conseillers d’arrondissement ou fixer des rémunérations additionnelles pour les postes particuliers. Il souhaiterait également retirer aux arrondissements leurs pouvoirs en ce qui a trait aux négociations des conventions collectives. La ville centre pourrait également nommer les directeurs d’arrondissements.
«Nous avons obtenu de différentes sources au gouvernement l’ensemble des demandes du maire et c’est loin d’affecter seulement les pouvoirs des arrondissements, a ajouté M. Ferrandez. Le maire cherche à avoir un maximum de pouvoirs dans à peu près tous les domaines où il a fait face à une réaction négative.»
Le chef de l’opposition officielle donne en exemple l’ouverture des bars jusqu’à 6h du matin qui a été refusée par la Régie des alcools, le redéveloppement de la Maison Alcan qui a été protégé par la ministre de la Culture et les normes environnementales en vigueur à Montréal. «Le maire souhaite rapatrier des pouvoirs dans ces dossiers et que [le gouvernement] ne puisse plus s’interposer», affirme M. Ferrandez.
Les arrondissements ne pourraient plus «investir», selon les informations que Projet Montréal a obtenues, c’est-à-dire financer la réfection de routes, l’achat d’équipement motorisé ou le financement immobilier, par exemple.
«Je pense que si les fonctionnaires ont donné ces informations à nous et au journaliste, c’est qu’ils sont vraiment inquiets», a insisté M.Ferrandez.
Un sentiment que partage le chef de l’opposition officielle. «Je pense que M. Coderre est quelqu’un d’inquiétant. Il ne veut pas juste faire des changements opérationnels, il veut tout contrôler. Si c’était un bon gestionnaire, on aurait moins peur, mais ce n’est pas le cas», affirme M. Ferrandez.
Il dénonce que ces demandes de la part du maire ait été faites «derrière des portes closes», sans consultation. Il demandera donc au ministre Moreau que les modifications législatives entourant le statut de métropole fassent l’objet d’une consultation de laquelle découlera la création d’un livre blanc.
«C’est tellement un gros changement de régime qu’il demande, on s’attend à ce qu’il y ait une consultation. Quand on a voulu prendre une décision sur la questions des fusions et des défusions des arrondissements, cela a fait l’objet d’un débat pendant des mois», a fait remarquer Luc Ferrandez.
Le chef de Projet Montréal est certains que le rappatriement des pouvoirs des arrondissements à la ville centre aurait «clairement» des conséquences négatives sur les services aux citoyens. «Dans le cas des conventions collectives des employés des arrondissements qui seraient négociés par la ville centre, pour les horaires des centres sportifs ou des bibliothèques, c’est clair que la Ville n’a pas une analyse fine des besoins de chacun des arrondissements», explique-t-il.
Le maire de Montréal a régi à ces révélations en affirmant qu’il souhaite «plus de cohérence» avec la création du statut de métropole. «Ce n’est pas d’opposer la ville-centre et les arrondissements. Nous devons justement sortir de cette logique. Nous voulons une stratégie commune de gouvernance. Nous voulons qu’au conseil de ville, au lieu de dépendre de Québec, nous puissions décider entre nous. (…) Quand le projet de loi sera déposé, l’Assemblée nationale pourra, en commission parlementaire, entendre tous les intervenants qui souhaiteront s’exprimer sur la proposition qui sera faite. D’ici là, nous ne négocierons pas en public », a déclaré M. Denis Coderre.
Le chef de la deuxième opposition Coalition Montréal, Benoît Dorais, a également réagi à ces révélations en mentionnant qu’il souhaite une réforme de la gouvernance à la Ville de Montréal mais exige lui-aussi que les arrondissements soient consultés.