Montréal
03:00 15 février 2016 | mise à jour le: 15 février 2016 à 10:13

Les accidents d’autobus en hausse à la STM

Les accidents d’autobus en hausse à la STM
Photo: Mario Beauregard/Métro

Le nombre d’accidents impliquant des bus de la Société de transport de Montréal (STM) a fait un bond de 10% de 2012 à 2014, selon des documents obtenus et analysés par Métro.

Alors que le nombre de kilomètres parcourus par les bus montréalais a diminué année après année, le nombre de collisions a augmenté. Ainsi, selon nos calculs, le nombre d’accidents par million de kilomètres parcourus est passé de 21,05 en 2012 à 21,38 en 2013, avant de culminer à 23,21 en 2014.

Utilisez notre outil pour connaître les accidents impliquant les bus de la STM de 2012 à 2014

Par ailleurs, pour la même période, le nombre d’accidents blessant des chauffeurs, des usagers ou de tierces parties (automobilistes, piétions, cyclistes, etc.) est passé de 62 en 2012 à 72 en 2014 (+ 16%).

Quarante lignes de bus en particulier ont connu une hausse continue du nombre d’accidents de 2012 à 2014. En moyenne, le nombre de collisions sur ces lignes problématiques a grimpé de 91% en trois ans. La 139-Sud, 165-Nord, 470-Ouest, 197-Ouest, 18-Est, 45-Sud, 470-Est, 136-Nord, 55-Sud et 33-Nord font partie des lignes qui ont connu les plus fortes hausses du nombre d’accidents.

La STM ne nous a fourni aucun élément de réponse pour expliquer ces augmentations. La porte-parole de l’institution nous a indiqué par courriel qu’étant donné «l’ampleur du travail» pour répondre à nos questions, nos requêtes seront traitées comme une demande en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Toutefois, dans les documents déjà en notre possession, la STM soutient que la majorité des accidents ne sont que des collisions mineures.

Trop de pression aux chauffeurs

Le président du Syndicat des chauffeurs de bus de la STM, Renato Carlone, affirme que la société paramunicipale ne donne pas suffisamment de temps à ses employés pour parcourir leur ligne, ce qui expliquerait à son avis la hausse du nombre d’accidents.

Pris entre leur hiérarchie et la clientèle, les chauffeurs prendraient donc des risques pour satisfaire les usagers. «Si on avait le temps requis pour faire notre travail, on ne serait jamais ici à parler de tout ça.»

Métro a également obtenu l’ensemble des contraventions données aux chauffeurs de la STM en 2012, 2013 et 2014. En moyenne, les chauffeurs de la STM reçoivent de trois à quatre contraventions par jour.

Parmi les principales infractions commises, citons les lumières jaunes forcées (22%), les lumières rouges brûlées (16%), le non-respect des panneaux d’arrêt (13%) et les excès de vitesse (13%).

La STM soutient de son côté que les temps de parcours sont «réévalués systématiquement sur un cycle de 18 mois», nous a-t-on indiqué par courriel. Par ailleurs, selon le budget de 2016, 15 000 heures de travail devraient être ajoutées cette année pour donner plus de flexibilité aux chauffeurs. Lorsque nous avons rencontré le syndicat, en janvier, aucune conversation n’était en cours à ce sujet.

«Je vous garantis que si les chauffeurs de bus respectaient les limites de vitesse, les horaires seraient tous mêlés, d’un bout à l’autre de la ville. Et si on avait plus de temps sur les lignes, il y aurait moins de contraventions et moins d’accidents.» -Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs de bus de la STM

Des accidents sur des lignes inexistantes

En analysant les données de la STM, nous avons découvert plus de 600 accidents ayant eu lieu sur des lignes inexistantes.

Par exemple, selon les données de la STM, 18 collisions se seraient produites sur la ligne 61, direction nord, de 2012 à 2014. Sauf que la ligne 61-Nord n’existe pas. La ligne 61 n’a que deux directions, qui sont Est et Ouest.

Par courriel, la STM nous a indiqué que «des numéros de route ou des lignes fictives [peuvent être] créés pour des raisons techniques (informatique)», sans nous offrir plus de détails.

Nous avons exclu ces accidents de notre analyse, tout comme près de 200 collisions pour lesquelles les lignes étaient indiquées, mais sans aucune direction, ce qui nous empêchait de connaître le parcours exact des bus concernés.

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