Montréal
20:00 10 mars 2016 | mise à jour le: 10 mars 2016 à 20:00 temps de lecture: 4 minutes

Comment des pharmacies peuvent économiser des milliers de dollars en devenant vertes

Comment des pharmacies peuvent économiser des milliers de dollars en devenant vertes
Photo: Mario Beauregard/Métro

Une pharmacie de taille moyenne pourrait réaliser des gains supplémentaires de l’ordre de 47 000$ par an en adoptant des mesures plus vertes et durables.

C’est ce que clame Marc-André Mailhot pharmacien, président de Maillon vert et instigateur de Pharmacie eco+responsable, un programme de 15 grandes actions visant à développer des pharmacies plus vertes. «L’idée de toute la démarche c’est qu’elle soit profitable économiquement en plus d’avoir des impacts écologiques et sociaux», explique le pharmacien qui compte déjà une quinzaine de clients dont deux pharmacies montréalaises des quartiers de Rosemont et d’Ahuntsic.

En gros, le programme comprend environ deux mois d’audit pour évaluer la quantité de déchets produits, l’énergie consommée, la qualité des produits offerts, l’engagement des employés et l’impact de la pharmacie dans sa communauté. Suivent, deux mois pour établir un plan d’action, ainsi qu’une phase d’implantation qui s’étire de 12 à 18 mois.

«Étant écologique dans l’âme tout en voulant me démarquer des autres pharmacies du quartier, participer à se programme tombait sous le sens», lance Martine Pilon, propriétaire d’une pharmacie Proxim du boulevard Rosemont qui compte notamment facturer les sacs et subventionner ainsi une fondation venant en aide aux enfants défavorisés.

En utilisant des fioles écoresponsables, voire en poussant les patients à ramener leurs fioles pour des remplissages, ou en revoyant les circuits de livraison des autos, on peut réaliser des économies d’environ 20 000$, tout en diminuant les déchets produits. «Une pharmacie moyenne produit 45 tonnes de déchets [l’équivalent de 82 Montréalais par an]. Durant le projet-pilote, on a atteint l’attestation 3-Or, ça veut dire que la pharmacie recycle désormais 90% de ses déchets», indique M. Mailhot.

C’est ce genre de mesure que compte prendre la pharmacie Brunet du boulevard Henri-Bourrassa à Ahuntsic. Des gains de plusieurs milliers de dollars par pharmacie sont aussi réalisables au niveau de l’efficience des ressources humaines, et en augmentation des ventes grâce, selon une étude AppEco réalisée auprès de sept pharmacies participant au programme de Maillon Vert.

Pas question pour autant de retirer par exemple certains dentifrices ou savons contenant du triclosan, un agent antibactérien associé notamment à des risques accrus d’allergies. «Il faut respecter les produits référencés par chaque bannière alors plutôt que de faire du boycottage, nous avons recommandé l’intégration de plus de 150 produits sur les tablettes de certaines pharmacies. On mise sur la sensibilisation de la clientèle et des employés aux alternatives plus écoresponsables», mentionne Marc-André Mailhot.

Les pharmacies ne sont pas les premières institutions à doter d’un label vert. Tourisme Montréal a créé un répertoire des restaurants écoresponsables qui contient actuellement 21 adresses qui se distinguent par leur utilisation de produits locaux, l’implication dans sa communauté ou l’utilisation de produits de la pêche durable.

Du côté des épiceries, Greenpeace Canada dresse régulièrement un palmarès des supermarchés offrant des produits de la mer durables. Si les principales bannières (sauf Costco) sont en nette progression depuis 2009, l’organisme note qu’elles continuent de vendre du saumon d’élevage de l’atlantique et du thon en boite issu de pêcheries non durables.

Un label CPE durable est même apparu l’année dernière dans le domaine des garderies. Il compte désormais 24 membres pratiquant notamment le compostage, l’échange de vêtements, la réduction de la viande servie ou l’organisation d’activités entre enfants et ainés.