Villeray: cri d’alarme dans une école pour élèves handicapés
La Commission scolaire de Montréal (CSDM) impose de nouveau à l’école secondaire Joseph-Charbonneau des compressions budgétaires qui affecteront directement des services essentiels aux enfants sévèrement handicapés.
L’école secondaire située dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension scolarise près de 200 jeunes de 12 à 21 ans provenant de l’ensemble de la région métropolitaine et atteints de déficiences motrices et intellectuelles.
Près de 10 postes seront coupés pour l’année scolaire 2016-2017, a annoncé la CSDM mercredi soir. L’école devra composer avec un technicien en éducation spécialisée et deux préposés en moins, ainsi qu’avec la réduction des heures de travail de près de 15 autres préposés.
À l’école, on doute de pouvoir offrir aux élèves tout ce dont ils ont besoin.
«On nous a présenté des dizaines de scénarios pour minimiser l’impact, affirme la présidente du conseil d’établissement, Brigitte Contant. On ne sait pas quoi faire. Sur le plan académique, ça ne tient pas.»
La CSDM soutient que les compressions sont essentielles, car l’école enregistre chaque année des déficits pour répondre aux besoins des jeunes.
«Au niveau des dépenses, pour les 194 élèves, dont plusieurs ne sont pas du territoire, chaque élève nous coûtait 2 257 $ de plus que ce qui nous était alloué par Québec, indique la présidente de la commission, Catherine Harel Bourdon. On ne va pas résorber complètement le déficit de l’école, mais on va se rapprocher de l’équilibre budgétaire». Les préposés travailleront notamment moins d’heures.
Allocations insuffisantes
Chaque année, le ministère de l’éducation alloue des sommes à la CSDM selon la gravité des handicaps des élèves. La présidente reconnaît qu’ils ont ont besoin de davantage d’accompagnement et que les sommes mériteraient d’être révisées.
Elle fait appel aux ministres de l’Éducation et de la Santé.
«C’est terrible, ce sont des élèves qui sont en grand besoin; il faut que le gouvernement se rende compte que c’est une école hôpital et que les élèves nécessitent des soins particuliers», affirme Mme Harel Bourdon, ajoutant qu’elle attend toujours la réponse du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à son invitation à visiter l’établissement.