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Toujours deux semaines sans médecin d’urgence à Témiscaming

Photo: TC Media
Lucie Charest - La Frontière-Le Citoyen/TC Media

L’inquiétude pèse toujours chez les citoyens de Témiscaming-Kipawa qui n’ont pas accès à un médecin à l’urgence et ce, même si la direction du Centre intégré de santé (CISSS-AT) a réussi à trouver un médecin dépanneur pour combler la dernière des trois semaines de rupture de service.

«Dans un premier temps, nous tenons à rassurer la population, a indiqué Dre Annie Léger, directrice des services professionnels et de l’enseignement universitaire au CISSS-AT. La rupture de services est réduite du 2 au 17 mars. Ce qui signifie une semaine de moins. Même lorsqu’il n’y a pas de médecin, les patients peuvent se présenter à l’urgence comme s’il y en avait un, l’infirmière en poste les évalue et les prend en charge. Si un déplacement vers l’urgence de Ville-Marie est requis, il est effectué. Si un patient appelle l’ambulance pendant la nuit, celle-ci le conduira directement à Ville-Marie.»

Là où ça devient un peu plus complexe pour les résidents du secteur Sud, c’est que sans médecin de garde pendant la nuit, les patients en courte-durée, selon les critères de cet établissement, ne peuvent y être hospitalisés sans la présence d’un médecin 24/7. «Il y a des cas où les patients doivent être hospitalisés à Ville-Marie, car tous les services ne sont pas offerts à Témiscaming, a poursuivi Dre Léger. Dans ce cas-ci, en rupture de service, tous les patients qui ont besoin d’être hospitalisés sont déplacés vers Ville-Marie.»

L’envers d’une rupture de service

Carmen Monette, une résidente de Kipawa, a été bien malgré elle parmi les premières personnes à mesurer ce qu’impliquait cette rupture de présence médicale à l’urgence. La grand-mère de son conjoint, victime d’une fracture de la hanche doublée d’une fracture au bassin, souffrant également d’une pneumonie, était hospitalisée à Témiscaming. Elle a été transférée à Ville-Marie dès l’annonce de la rupture de service médical. «Elle aura 101 an au mois de mai, j’ose à peine imaginer ce qu’elle a dû ressentir pendant le transport, avec les conditions routières, a déploré Mme Monette. En plus, à Ville-Marie, elle ne connait pas le personnel, elle est anglophone, on ne sait pas s’ils sont parfaitement bilingues.»

Mme Monette et sa famille n’étaient toutefois pas au bout de leurs peines avec ce transfert inter établissement de leur aïeule. L’ami de la maman de Mme Monette, qui est également hospitalisé à Témiscaming, est en phase terminale de cancer. Au moment où nous avons joint Mme Monette, la famille était en pourparlers avec le Centre de santé Témiscaming-Kipawa dans l’éventualité où il devrait être ramené à la maison, car il est toujours lucide et refuse d’être transféré à Ville-Marie. «Maman est ici avec nous, elle a un début d’Alzheimer, on ne peut pas s’occuper d’elle et son ami en phase terminale ici et être à Ville-Marie en même temps pour soutenir la grand-maman de mon conjoint. Je me sens complètement dépassée et abandonnée par le système» s’est-elle désespérée en ravalant un sanglot.

À long terme

Actuellement, seulement deux médecins, sur une possibilité de six, sont en poste à Témiscaming-Kipawa. Ceux-ci assument des quarts de travail de 12 heures. L’annonce récente que trois médecins français avaient signifié leur intention de s’installer à Témiscaming avait apaisé les craintes de la population. Or, des rumeurs de plus en plus insistantes indiquent que deux de ces trois médecins se seraient désistés.

«Il faut comprendre que ce sont des professionnels autonomes, a précisé Dre Léger. Aucun contrat ne nous lie. Tout médecin peut quitter son poste en donnant un délai de 60 jours. Actuellement, trois postes sont réservés pour ces médecins à Témiscaming. Ils devront obtenir leur permis de pratique du Collège de médecins. Il est clair que jusqu’à la toute fin, ils peuvent décider de ne pas venir s’installer. Je n’ai rien dans les mains qui les lie ou les attache à nous. C’est comme ça pour tous les médecins.»

Mobilisation de la population

Des travailleurs de différents milieux, des membres de certains organismes, des citoyens sont en train de mettre sur pied une mobilisation qui se tiendra au Centre de santé Témiscaming-Kipawa en après-midi le 10 mars. Ginette Vaillancourt, présidente, syndicat CSN des travailleurs et travailleuses du Centre de santé Témiscaming-Kipawa fait partie de ce groupe.

«Jusqu’à maintenant, tout le monde qui a été contacté a accepté de participer à cette mobilisation, a indiqué Mme Vaillancourt. Notre but est de dénoncer la promesse rompue par Jacques Boissonneault qu’il n’y aurait plus jamais de rupture médicale à notre urgence. Les gens sont invités à manifester leurs craintes et leur mécontentement envers la façon dont le gouvernement traite notre population.»

Des employés de Tembec, membres du Local 233 Unifor, seront présents. Roger Gauthier, leur président les a déjà informés de la tenue de cette mobilisation. «C’est sûr qu’il y aura de nos membres qui participeront, a indiqué M. Gauthier. Nous sommes 600 employés. Même si la rupture de services est de deux semaines au lieu de trois, pour nous, une seule journée c’est une journée de trop. Si un transfert est en train de se faire vers Ville-Marie ou North Bay et que nous avons un accident grave ou mineur ici, à l’usine, il se passe quoi»

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