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Des manifestants ragent contre Bombardier

Photo: Graham Hughes / La Presse Canadienne
Vicky Fragasso-Marquis, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Environ 200 personnes de toutes les couleurs politiques ont témoigné leur colère contre Bombardier, dimanche, à Montréal, dénonçant la multinationale québécoise qui a décidé de hausser considérablement la rémunération de ses dirigeants pour l’année 2016.

Les manifestants en avaient contre la direction de l’entreprise, qui, avant cette annonce, avait demandé et obtenu l’aide financière des gouvernements provincial et fédéral, en plus d’avoir ordonné des milliers de mises à pied dans le cadre de son plan de redressement.

«L’année passée, l’entreprise a demandé à ses employés de bureau de couper leur salaire, de couper dans leurs avantages sociaux pour aider la compagnie à survivre dans des temps difficiles, et eux (les dirigeants) se votent une augmentation de salaire? Ce n’est pas correct», a lâché Jacques Genest.

Les manifestants ne semblaient pas avoir été pleinement satisfaits de la décision du président exécutif du conseil d’administration de la multinationale, Pierre Beaudoin, qui a annoncé vendredi soir qu’il renonçait à son augmentation. Il est toutefois le seul des six dirigeants à le faire; les cinq autres conserveront leur hausse de salaire.

«C’est un bon geste, mais c’est un peu tard, et les autres dirigeants devraient faire la même chose minimalement», a souligné un citoyen, Pierre Drapeau.

«C’est une réaction rapide face à la colère, je ne crois pas qu’il (M. Beaudoin) aurait fait la même chose s’il n’y avait pas eu de soulèvement», a renchéri la manifestante Kim St-Pierre.

Certains militants ont aussi déploré la réaction «molle» du gouvernement de Philippe Couillard, qui a critiqué cette décision, mais qui n’a pas remis en question l’investissement de 1,3 milliard $ US consenti à Bombardier pour le développement de l’appareil CSeries. Le gouvernement fédéral, de son côté, a octroyé un prêt de 372,5 millions $ US.

Un représentant du Parti libéral a tenté de rejoindre la foule, samedi, mais il a été rapidement chahuté et est aussitôt reparti dans une voiture noire. L’attachée de presse de Jean-Marc Fournier, Karla Duval, a confirmé que le leader du gouvernement s’était rendu sur place.

«Philippe Couillard, il est temps qu’il se lève et qu’il se tienne debout au nom des Québécois pour demander à ces dirigeants-là qu’ils reculent et qu’ils annulent l’augmentation de salaire qu’ils veulent se donner», a déploré le député du Parti québécois, Alain Therrien.

M. Therrien présentera mardi une motion pour appeler les dirigeants de Bombardier à renoncer à leur hausse de rémunération. Le député Éric Lefebvre, de la CAQ, et la députée Manon Massé, de Québec solidaire, ont tous deux indiqué dimanche qu’ils devraient appuyer la motion.

La Coalition avenir Québec (CAQ) demande d’aller plus loin et de rouvrir l’entente avec Bombardier.

«Les hauts dirigeants de Bombardier doivent s’asseoir avec le premier ministre, et rouvrir cette entente-là et mettre des clauses pour que, tant et aussi longtemps qu’on n’a pas remis (l’argent dû), ce soit impossible de donner des bonis de cette ampleur-là», a déclaré M. Lefebvre.

La cause a permis de former des alliances improbables — tant le chroniqueur de droite Éric Duhaime que la députée du parti de gauche Québec solidaire, Manon Massé, ont pris la parole lors de l’événement pour dénoncer Bombardier.

«Si Manon Massé et moi on est dans la même manif’, c’est parce qu’il n’y a personne qui est contre nous aujourd’hui», a lancé M. Duhaime.

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