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Le chercheur Mark Wainberg s'est noyé en Floride

Sturat Nimmo / La Presse Canadienne Photo: Sturat Nimmo

MONTRÉAL — Le chercheur montréalais Mark Wainberg, connu à travers le monde pour ses travaux sur le VIH/sida, est mort en Floride.

La police de Bal Harbour, près de Miami, a confirmé que M. Wainberg s’était noyé mardi après-midi alors qu’il nageait avec son fils.

Directeur du Centre SIDA McGill et professeur en médecine, microbiologie et immunologie à l’Université McGill, le docteur Wainberg est notamment connu pour avoir découvert le médicament antiviral 3TC en 1989, ainsi que pour ses multiples contributions dans le domaine de la résistance aux médicaments anti-VIH.

L’homme de 71 ans, né à Montréal, a également été directeur de la recherche à l’Institut Lady Davis de recherches médicales de l’Hôpital général juif de 2000 à 2009.

La mort de M. Wainberg représente une «perte énorme», a réagi la présidente et porte-parole de la Fondation Farha, Linda Farha. L’organisme chapeaute des collectes de fonds pour la lutte contre le sida et le VIH au Québec.

«Je pense que c’est une journée hyper triste parce que c’est quelqu’un qui était très dévoué à la cause. (…) C’était vraiment un pionnier», a-t-elle dit, soulignant le dévouement du chercheur autant à Montréal qu’à l’international.

Il était d’ailleurs l’un des membres de l’équipe médicale ayant aidé son frère, Ron Farha, qui avait fondé l’organisation avant de mourir de cette maladie.

«Le docteur Wainberg était très présent dans la vie de Ron et il était une lueur d’espoir pour mon frère, a-t-elle confié à La Presse canadienne. Il espérait que quelque chose allait se produire un jour. Qu’il allait trouver un remède.»

Mme Farha a rappelé que M. Wainberg faisait partie de l’équipe qui a mis au point le premier médicament antiviral pour traiter les patients.

«Il a joué un grand rôle, à plusieurs niveaux. Et il croyait qu’il allait aussi faire partie de l’équipe qui allait trouver un moyen de guérir les personnes atteintes, mais il est mort avant.»

M. Wainberg a aussi donné une crédibilité à la fondation familiale dès ses débuts, a ajouté la femme. Il participait à tous les événements, les marches, les galas et aidait la cause. «Il ne faisait pas que s’asseoir dans son laboratoire», a-t-elle souligné.

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, a exprimé sa tristesse en apprenant la mort de l’homme.

«Il s’agit de la perte d’un grand chercheur dans la lutte contre le VIH et le sida», a-t-il exprimé dans un courriel.

Le capitaine Miguel De La Rosa, de la police de Bal Harbour, a expliqué que des agents avaient été alertés qu’une personne éprouvait des difficultés dans l’eau vers 14h40, mardi.

Le fils de M. Wainberg a pu tirer son père hors de l’eau et l’emmener sur la rive, où les agents ont tenté une réanimation cardio-pulmonaire, a précisé M. De La Rosa.

La mort du septuagénaire a ensuite été constatée à l’hôpital, a-t-on ajouté.

Une autorité en matière de VIH/sida

Laurent McCutcheon, militant de longue date de la communauté LGBT à Montréal et ancien haut fonctionnaire au sein du gouvernement québécois, a utilisé le mot «crédibilité» pour décrire la contribution du chercheur.

Il a souligné que dans les années 1980 et 1990, lorsque le VIH était vu uniquement comme un problème de la communauté gaie, les travaux de M. Wainberg et la vulgarisation qu’il a faite ont contribué à éduquer le public au sujet de cette maladie.

M. McCutcheon a déclaré que le chercheur entretenait une relation étroite avec la communauté gaie et comprenait comment la maladie touchait les hommes homosexuels de façon disproportionnée.

«Il était une autorité en la matière, ici, et partout dans le monde, a-t-il dit. Ce n’est pas juste une question d’éducation, car les gens doivent vous croire. Et il était crédible.»

Mark Wainberg a siégé à titre de président de l’International AIDS Society de 1998 et 2000 et ses responsabilités comprenaient, entre autres, l’organisation du 13e Congrès international sur le sida, à Durban, en Afrique du Sud, en 2000, qui a marqué un tournant historique.

Il a aussi lancé, en 2002, les Journées québécoises VIH, une manifestation scientifique internationale se déroulant en français.

Le docteur a de plus rédigé de nombreux articles scientifiques et contribué à plusieurs ouvrages médicaux.

Parmi les nombreuses distinctions qu’il a reçues, mentionnons qu’il était membre de la Société royale du Canada, officier de l’Ordre du Canada, officier de l’Ordre national du Québec, membre honoraire du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et chevalier de la Légion d’honneur de France.

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