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Difficultés aux négociations sur l’ALÉNA

FILE - In this April 21, 2008 file photo, national flags representing the United States, Canada, and Mexico fly in the breeze in New Orleans where leaders of the North American Free Trade Agreement met. Mexico, the United States and Canada have begun a second round of talks Friday, Sept. 1, 2017, on re-negotiating the NAFTA, in Mexico City. The first round of talks took place in Washington in mid-August. (AP Photo/Judi Bottoni, File) Photo: The Associated Press
Alexander Panetta, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MÉXICO — Les négociateurs auraient déjà rencontré une série d’embûches qui touchent pratiquement tous les dossiers considérés essentiels à la signature d’une nouvelle entente sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), a appris La Presse canadienne.

Une source informée du déroulement des pourparlers a affirmé que lorsqu’un des trois pays impliqués fait part d’une priorité, les autres refusent systématiquement d’en discuter. De plus, le ton des discussions, qui se tiennent au Mexique, serait généralement négatif.

Néanmoins, cette source rappelle qu’il est toujours tôt dans le processus et qu’il est normal de voir les parties s’entêter en début de discussions. Elle demeure confiante qu’un nouvel accord puisse être conclu avant la fin de l’année.

L’une des priorités canadiennes qui se bute à un mur concerne un plus grand accès aux visas professionnels — un enjeu majeur pour les grandes entreprises qui ont de la difficulté à envoyer des employés travailler du côté américain. La liste de visas inscrite dans l’ALÉNA n’est plus d’actualité et n’inclut pas les emplois du secteur numérique. Les États-Unis refuseraient d’aborder le sujet qui risque de se cogner à leur politique d’immigration ultrasensible.

À son tour, le Canada refuse catégoriquement d’ouvrir le débat sur son système de gestion de l’offre. Les Américains auraient fait une approche en laissant entendre qu’ils seraient intéressés à assouplir les contrôles canadiens sur l’importation de volailles et de produits laitiers, mais ils n’auraient pas encore déposé de proposition formelle. Le Canada aurait cependant fermé la porte en plaidant qu’il s’oppose par principe et parce que les États-Unis ont leurs propres mesures protectionnistes et leurs propres programmes de subventions en agriculture.

Ces deux exemples démontrent une tendance qui semble émerger dans les négociations. Selon la source, ce genre de tactiques s’observerait à toutes les tables de discussion. Sur à peu près tout ce qui a été soulevé comme enjeu, les autres parties auraient répondu «nous n’avons pas de mandat, nous ne pouvons pas en discuter».

D’autres thèmes qui s’annoncent tout aussi difficiles vont être abordés lundi. D’après l’horaire obtenu par La Presse canadienne, une douzaine de rencontres figurent au programme. Certaines concernent les règles sur les pièces d’automobiles, la propriété intellectuelle, l’approvisionnement des gouvernements et le «Buy American».

Le principal irritant qui s’est frayé un chemin dans les médias touche la main-d’oeuvre. On doit en partie cette médiatisation au leader syndical canadien de l’automobile Jerry Dias. Ce dernier plaide pour de meilleurs salaires chez les travailleurs mexicains. Selon lui, tous les travailleurs en bénéficieraient puisque moins d’emplois au nord seraient délocalisés au sud.

Jerry Dias ne cesse de répéter que les Mexicains qui travaillent pour quelques dollars de l’heure «devraient avoir les moyens d’acheter les voitures qu’ils construisent».

D’autres sources soutiennent que le Canada a réclamé que les États-Unis entérinent quelques accords internationaux en matière de travail qu’ils n’ont pas encore approuvés et que le Mexique modifie ses lois du travail afin que les salaires des travailleurs de l’automobile soient augmentés.

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