Tétrault: ça ne pouvait plus durer, dit Couillard
MONTRÉAL — Le premier ministre et chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a soutenu, jeudi, que la campagne électorale de son candidat dans Louis-Hébert, Éric Tétrault, ne pouvait plus continuer une journée de plus.
M. Tétrault a retiré sa candidature en vue de l’élection complémentaire dans Louis-Hébert, mercredi soir, après que la situation fut devenue intenable. Le matin même, le quotidien La Presse avait révélé l’existence d’un rapport de son ancien employeur, ArcelorMittal, faisant état de harcèlement psychologique de sa part à l’endroit d’employées. Il n’y avait toutefois pas eu de suites à ce sujet.
«L’important pour nous, c’est que M. Tétrault a pris sa décision. Elle était évidente. Je ne pense pas que sa campagne pouvait continuer même une journée de plus», a opiné le premier ministre.
M. Couillard était interrogé au sujet du retrait de son candidat alors qu’il était de passage à Montréal, jeudi matin, au Sommet sur le Canada, organisé par The Economist.
Quand on lui a demandé si M. Tétrault était devenu un boulet pour le parti, compte tenu du fait que dès le départ, sa candidature avait fait grincer des dents, M. Couillard n’a pas répondu directement. «Tout le monde — et lui-même — en est venu à la conclusion que sa campagne, de toute évidence, ne pouvait pas continuer», a-t-il répété.
Il a refusé de blâmer l’entreprise pour ne pas avoir tout dit du rapport sur le comportement de M. Tétrault. «Non, ils nous ont dit la vérité. Il n’y a pas eu de suite donnée; il n’y a pas eu de plainte. C’était factuellement exact.»
Quand on lui a demandé si cela ne démontrait pas des lacunes dans le système de vérifications sur la vie passée des candidats, il a noté que «tout n’est pas accessible: par exemple, le fameux document dont il était question, nous on ne pouvait pas avoir accès à ce document-là, uniquement à ce que l’entreprise nous disait sur les suites données au document».
Il a tout de même convenu qu’il y avait peut-être un système de vérification à peaufiner, tout en ajoutant encore qu’aucun système ne sera parfait.
En fin d’après-midi, la direction d’ArcelorMittal a tenu à préciser que les rapports concernant ses employés passés ou présents étaient «réservés à l’usage interne».
«De plus, ArcelorMittal tient à préciser qu’elle n’a pas contacté le gouvernement et n’a jamais été contactée par qui que ce soit du gouvernement afin de commenter le dossier relativement à M. Éric Tétrault. Tous ceux ou celles qui ont commenté ce dossier l’ont fait en leur propre nom», a ajouté l’entreprise dans un communiqué.
Le premier ministre dit vouloir maintenant tourner la page et relancer la campagne électorale dans Louis-Hébert sur le thème économique, ce qu’il voulait déjà faire au départ avec M. Tétrault, qui présidait auparavant les Manufacturiers et exportateurs du Québec.
Il a affirmé que d’autres candidats avaient déjà manifesté leur intérêt pour porter les couleurs du parti dans cette circonscription de la région de Québec, mais il n’a pas dit qui ni combien.