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Guy Ouellette accuse l’UPAC d’intimidation

Le député de Chomedey, Guy Ouellette, a accusé l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de recourir à l’intimidation en entrevue au 98,5 FM.

«L’UPAC va tout faire pour me museler, museler un parlementaire suite aux événements de cette semaine pour que je ne puisse pas donner ma version ou informer la population de toutes les manœuvres d’intimidation qui ont cours actuellement par cette même unité», a-t-il affirmé, lors d’une entrevue accordée vendredi dernier à son ancien collègue de l’Assemblée nationale, Bernard Drainville, deux jours après son arrestation. L’échange entre les deux hommes a été rendu public lundi. Aucune accusation n’a pour le moment été portée contre lui.

M. Ouellette, qui soupçonnait être sous filature policière, a dit vouloir «se protéger» en donnant cette entrevue. Il a souligné sa réputation d’homme politique intègre à Québec et sa motivation d’être au service de la population. Il a soutenu avoir été piégé par les policiers la semaine dernière. «Je ne pensais pas que ça pouvait se faire en 2017», a-t-il lancé.

Le député de Chomedey a raconté que le renouvellement du mandat du commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, s’est fait en avril dernier dans l’intimidation, en soulignant que de la pression a été exercée sur le gouvernement, ce qui a «indisposé» celui-ci.

«[M. Lafrenière] a forcé la main du gouvernement, a dit le député devenu indépendant. La veille du renouvellement, je me suis levé en caucus, j’ai enjoint le premier ministre de ne pas se laisser imposer le choix de renouveler le commissaire. Le lendemain ou dans les heures qui ont suivi, le gouvernement renouvelait son mandat. Quelques heures après ma sortie au caucus, dans un quotidien bien connu, mon intervention était dans le journal. C’est censé être étanche un caucus.»

Guy Ouellette a rapporté que cette fuite dans les médias a laissé à penser qu’il existait un conflit entre Robert Lafrenière et lui. Il n’en est rien, a-t-il pris soin de préciser. «Je n’ai pas de conflit de personnalité avec personne», a-t-il dit. Le député a par ailleurs accusé l’UPAC d’avoir avisé les médias de son arrestation la semaine dernière afin de le discréditer. Il a nié en contrepartie avoir transmis des informations importantes, liées à l’enquête Mâchurer, aux médias.

«Je n’ai pas transmis d’infos [aux médias], a-t-il insisté. Je suis redevable devant les citoyens du Québec. On a voulu m’écarter. Je suis le seul obstacle à ce que l’UPAC devienne un corps de police. Je voulais qu’elle soit certifiée anticorruption, ce qui l’obligerait à respecter certaines normes. L’UPAC ne veut pas ça, c’est trop contraignant.»

M. Ouellette faisait référence au projet de loi 107, qui vise à accroître les compétences et l’indépendance du commissaire de l’UPAC, du Directeur des poursuites criminelles et pénales et du Bureau des enquêtes indépendantes, qui est présentement à l’étude en commission parlementaire. Avec ce document législatif, il craint que l’UPAC ne devienne moins imputable.

Le député, qui se considère comme un lanceur d’alerte, a ajouté que l’UPAC mettait des bâtons dans les roues au travail de parlementaires, en fournissant notamment des documents complètement caviardés. «On empêche les parlementaires dûment élus par la population de faire leur travail, a-t-il mentionné. On rit des parlementaires.»

«La population doit avoir confiance en leurs institutions, a-t-il renchéri. Les députés dûment élus sont le dernier rempart de cette confiance.»

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