Jean-François Lisée mise sur le débat des chefs pour gagner des appuis
MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, veut profiter du premier débat des chefs pour se faire connaître — et aimer des Québécois.
Il souhaite que les électeurs, après l’avoir vu croiser le fer avec ses adversaires, soient plus nombreux à avoir envie «de prendre une bière avec lui».
À quelques jours du premier des trois débats télévisés des chefs des partis, M. Lisée se réjouit de voir une légère remontée du PQ dans un sondage Léger dévoilé mardi, réalisé pour Le Devoir et The Gazette. Par rapport au coup de sonde précédent, le PQ a gagné deux points, et se situe à 21 pour cent des intentions de vote, derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral.
Interrogé à ce sujet mardi matin, le chef a jugé que ces résultats montrent que le PQ est bien positionné. Et cela tombe à point, puisque «c’est la saison des débats», a-t-il souligné.
Plusieurs Québécois qui ne s’intéressaient pas beaucoup à la campagne électorale vont tout à coup être plus attentifs, croit-il.
Il estime avoir déjà marqué beaucoup de points. «On a une bonne campagne, on est économes, on est responsables», martèle-t-il d’ailleurs depuis un moment.
«Mon seul objectif jeudi (soir du premier débat télévisé) est de continuer à être moi-même.» Le PQ utilise beaucoup le mot «authenticité» dans ses messages aux citoyens.
Mais le chef s’est rapidement ravisé en s’ajoutant un défi: «mon objectif est de monter significativement la proportion de gens qui veulent prendre une bière, un verre de vin ou un café avec moi. Mon seul objectif à part la victoire, évidemment!», a-t-il lancé d’un air rieur.
Alors que Jean-François Lisée a acquis une réputation d’intellectuel, son équipe s’évertue depuis le début de la campagne électorale à souligner son sens de l’humour et de la répartie. Un aspect du chef qui a été appuyé par une campagne publicitaire humoristique sur le thème de «blague de péquiste».
Et il veut se faire connaître, car il s’agit de sa première campagne électorale en tant que chef de parti, contrairement à ses adversaires politiques Philippe Couillard et à François Legault.
M. Lisée souhaite que le débat le mette en valeur tel qu’il est.
«J’espère que les gens vont découvrir des aspects de ma personnalité, en me voyant pendant trois heures, qu’ils n’ont pas perçus en voyant des clips où j’étais de mauvaise humeur contre le premier ministre pendant deux ans.»
Il croit que ses interventions à l’Assemblée nationale ne permettent pas de bien le connaître et craint un peu que l’exercice du débat entre chefs ne soit pas le meilleur format non plus.
À côté de palmiers en plastique installés pour son point de presse matinal, le chef s’est décrit comme «sérieux sur le fond, mais bon enfant sur la forme».
Il dit chercher la formule pour expliquer les propositions péquistes, sans avoir l’air de donner des leçons aux gens.