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Calgary: tollé contre une chronique sur Kavanaugh

La Presse canadienne - La Presse Canadienne

CALGARY — Une chronique publiée dans le journal Calgary Herald traitant des accusations d’inconduite sexuelle portées contre le candidat à la Cour suprême des États-Unis, Brett Kavanaugh, a poussé deux élues du conseil municipal de Calgary à refuser des demandes d’entrevues du quotidien.

Dans sa chronique de mercredi intitulée «Kavanaugh ne mérite pas cela. Ce qui s’est passé à l’école secondaire reste à l’école secondaire», Naomi Lakritz écrit que le mouvement #MeToo avait créé l’équivalent du procès des sorcières de Salem pour le juge Kavanaugh.

Le texte a déclenché un tollé sur les réseaux sociaux, dont des messages publiés sur Twitter par les conseillères municipales Jyoti Gondek et Druh Farrell, pour annoncer qu’elles n’accorderaient plus d’entrevues au journal tant que la chronique d’opinion ne serait pas retirée et que le média offre des excuses.

Dans une déclaration à CTV Calgary, le rédacteur en chef Lorne Motley a déclaré que la liberté d’expression est importante et que le rôle d’une chroniqueuse dans un journal consiste à exprimer des opinions.

Trois femmes ont révélé des histoires d’inconduites impliquant le juge Brett Kavanaugh depuis l’annonce de sa nomination pour un siège à la Cour suprême américaine. Elles allèguent des agressions sexuelles, des attentats à la pudeur et d’autres inconduites sexuelles.

L’une d’elles, Christine Blasey Ford, a témoigné devant une audience du sénat, jeudi, affirmant que le candidat l’avait agressée sexuellement en 1982. Une accusation réfutée ensuite par M. Kavanaugh devant le même comité.

Dans sa publication sur Twitter, Jyoti Gondek écrit que même si elle n’est pas une personnalité médiatique majeure, elle ne répondra plus aux demandes d’entrevues des journalistes du Calgary Herald «tant que l’équipe éditoriale ne reconnaîtra pas l’impact de sa décision de minimiser la gravité d’une agression sexuelle à l’école secondaire».

De son côté, Druh Farrell a déclaré que le journal compte d’excellents journalistes, mais qu’elle ne peut pas rester indifférente quand «une agression sexuelle est banalisée».

«Je ne répondrai pas aux demandes d’entrevues tant qu’ils ne se rétractent pas et ne s’excusent pas», a-t-elle dit.

Jeudi après-midi, Naomi Lakritz a précisé sa position à CTV Calgary en disant qu’elle ne cherche pas à savoir si M. Kavanaugh est coupable ou non.

«Ce que je dis, c’est que peu importe ce que quelqu’un aurait apparemment commis à l’âge de 15 ans, ce ne doit pas être pris en compte contre lui lorsqu’il est devenu un homme de 53 ans, à des décennies de l’adolescent qu’il a été», a-t-elle commenté.

Dans son édition de vendredi, le Calgary Herald a réitéré que ses pages d’opinions reflètent une diversité de points de vue et visent à susciter des débats.

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