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Toxicomanie: intervenir le plus tôt possible

Anne Élizabeth Lapointe et Jean Lapointe Photo: Colaboration spéciale

La 25e semaine de prévention de la toxicomanie a cours jusqu’à samedi. Métro en a profité pour discuter de la consommation chez les jeunes avec Anne Élizabeth Lapointe, directrice des programmes de sensibilisation à la Fondation Jean Lapointe.

Qu’est-ce que vous faites de particulier pour la semaine de prévention de la toxicomanie?
C’est une semaine où la maison Jean Lapointe est très sollicitée. On se promène un peu partout à travers la province pour faire des ateliers de sensibilisation à l’alcool, aux drogues, et au jeu. On est là tout au long de l’année, mais de façon plus concentrée durant cette semaine.

En quoi consiste votre programme de sensibilisation?
On va dans chacune des classes de première secondaire et on passe environ une heure avec les élèves. On parle d’alcool et de drogue. Il s’agit de l’atelier «Mon indépendance, j’y tiens».

Quelle est l’approche que vous utilisez avec les jeunes?
Nous sommes là pour leur donner de l’information et pour répondre à leurs questions, pour qu’ils puissent prendre une décision éclairée par rapport à la consommation. Évidemment, le but ultime, c’est de retarder la première consommation. Mais ce n’est pas du tout moralisateur. On leur explique c’est quoi un usage, c’est quoi un abus, c’est quoi la dépendance, c’est quoi les trois types de substances… On parle de l’effet sur le cerveau, ce que les jeunes adorent, et on leur donne plein de stratégies pour faire face à des situations qui risquent de survenir dans leur vie scolaire ou personnelle. Et on prend évidemment toutes les questions des jeunes. Alors c’est sûr qu’on est accueillis comme des rock stars (rires). On arrive là, ils ne nous connaissent pas, et on vient parler d’un sujet qui les intrigue.

Pourquoi rencontrez-vous les jeunes de première secondaire?
Selon le Centre québécois de lutte aux dépendances, c’est l’âge optimal. À la sortie du primaire, c’est la période la plus importante et vulnérable dans la vie d’un jeune. Il était le plus vieux en 6e année du primaire, et se retrouve le plus jeune du secondaire, dans une plus grande école, avec moins d’encadrement; c’est là que le jeune risque de se perdre.

Selon votre campagne publicitaire, 40 % des jeunes de 13 ans ont déjà consommé de l’alcool. C’est assez surprenant. Croyez-vous que nous ne sommes pas assez au courant de la situation?
Je pense qu’on a souvent, en tant que parent, la pensée magique : ça arrive aux autres, mais pas à notre enfant. Il y a aussi des parents qui n’éduquent peut-être pas assez les enfants par rapport à la consommation d’alcool et de drogue. Ils ne réalisent pas à quel point c’est facilement accessible pour un jeune de consommer. Un parent peut consommer de l’alcool devant son enfant, mais de façon modérée, et sans jamais en offrir à l’enfant. La plupart des jeunes ne vont pas trouver ça bon, mais il y en a un qui va peut-être aimer ça, et pour lui, ce sera peut-être le début de la fin. Oui, les chiffres frappent, mais en même temps, ce qu’on doit comprendre, c’est que quand le jeune arrive au secondaire, normalement, il n’a jamais consommé. Et si on veut que ça continue, je pense que le parent doit être au courant que c’est au début du secondaire que ça se passe.

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