National
13:14 27 novembre 2012 | mise à jour le: 27 novembre 2012 à 14:59 temps de lecture: 3 minutes

Le Québec a avantage à bien intégrer les nouveaux arrivants

Le Québec a avantage à bien intégrer les nouveaux arrivants
Photo: Getty Images/iStockphoto

Le Québec a tout intérêt à bien intégrer les nouveaux arrivants, d’après une note socio-économique de l’Institut de la recherche et d’informations socio-économiques rendue publique mardi.

Si les nouveaux arrivants occupaient un emploi à la mesure de leur potentiel, l’économie canadienne compterait 370 000 travailleurs de plus et leurs revenus croîtraient de 30,7G$, soit 2,1% du PIB, rapporte l’IRIS.

Les chercheurs Mathieu Forcier et Lara Handal, qui sont les auteurs de la note socio-économiques de l’IRIS, répliquent ainsi aux auteurs Benoît Dubreuil et Guillaume Marois qui ont publié l’an dernier l’ouvrage Le remède imaginaire Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec. Ces derniers soutenaient que l’effet de l’immigration est «modestement négatif» en raison entre autres des difficultés d’intégration mais aussi par le fait que les postes laissés vacants par les retraités ne seront pas nécessairement pourvus.

D’après les chercheurs de l’IRIS, ce discours repose sur une hypothèse voulant que les immigrants soient «surresponsabilisés» devant les obstacles qu’ils rencontrent et que le marché du travail se déresponsabilise de leurs difficultés.

«L’immigration ne peut pas régler tous les problèmes du Québec, mais elle peut sûrement aider en raison du fait que les nouveaux immigrants sont plus qualifiés que la moyenne et qu’ils représentent un potentiel élevé pour l’innovation et le développement économique», a affirmé M. Forcier.

Présentement, les nouveaux arrivants peinent à bien s’intégrer sur le marché du travail. Bien qu’ils soient plus nombreux à avoir un diplôme universitaire (51% contre 19% de la population canadienne), leurs revenus n’augmentent pas aussi rapidement que ceux des citoyens nés au Canada. Ils gagnaient en moyenne 63% du salaire moyen des Canadiens en 2006, contre 85% en 1985.

Qui plus est, les nouveaux arrivants ont davantage de difficulté à s’intégrer à la société québécoise. Le taux de chômage des immigrants établis au Québec se situait à 11,2% en 2006 tandis que celui des natifs du Québec atteignait 5,2%.

«L’immigration ne doit pas se réduire à une simple perspective comptable, a dit Mathieu Forcier. Ce sont des futurs citoyens qui sont appelés à contribuer non seulement au développement économique mais au développement social et culturel.»

L’IRIS croit que le gouvernement du Québec doit davantage s’engager dans la lutte contre le racisme et la discrimination pour aider les immigrants à mieux s’intégrer. Il propose aussi de sensibiliser les ordres professionnels aux difficultés que rencontrent les immigrants, de renforcer les programmes de stage et de mentorat et de mettre à jour le programme de mise à niveau ou d’adaptabilité des compétences.

Articles similaires