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COP24: le Québec repart les mains vides

COP24: le Québec repart les mains vides
Photo: Czarek Sokolowski / The Associated PressCzarek Sokolowski / The Associated Press

QUÉBEC — «Le Québec est arrivé les mains vides et repart les mains vides», conclut le Parti québécois (PQ) de la mission du gouvernement Legault à la COP24, le grand sommet annuel des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques qui se tient actuellement à Katowice, en Pologne.

Le député Sylvain Gaudreault, qui représentait le PQ à la COP24, dit être déçu de la ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, qui revient sans résultats concrets de ce grand rendez-vous où les États fédérés ont pourtant un rôle important à jouer.

La ministre n’a pas encore rendu public son bilan, mais a publié des photos de ses rencontres dans son compte Instagram.

«Pas de résultats»

M. Gaudreault, qui est député de Jonquière et porte-parole en matière de Santé et d’Environnement pour son parti, est un habitué des sommets climatiques des Nations unies, pour avoir participé à quelques-uns au cours des dernières années.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne jeudi depuis Katowice, M. Gaudreault a souligné que dans ce genre de grand sommet ou de négociations internationales, il faut arriver avec des objectifs, «ne pas arriver les mains vides, et il faut repartir avec quelque chose».

«Moi, ma déception, c’est que la ministre n’a pas de résultats. On ne sait pas ce que le Québec plaidait en arrivant, et il n’y a pas de résultats tangibles ou d’engagements pour le Québec à la suite de son passage.»

Deux objectifs

Il s’était lui-même fixé deux objectifs qu’il avait déjà rendu publics pour cette COP: il demande au gouvernement Legault pour 2020 une vaste étude relative aux effets des changements climatiques sur la santé publique au Québec, ainsi que le dépôt d’une loi anti-déficit climatique au plus tard au printemps prochain.

À Katowice, il a pu s’entretenir avec Mme Chassé, qui a montré une certaine ouverture concernant l’étude de santé publique. «Elle était très à l’écoute», a-t-il résumé.

Cependant, sa réponse était plus mitigée sur un projet de loi anti-déficit climatique, qui officialiserait les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) auxquels adhère le Québec, et qui forcerait le gouvernement à prendre en compte les divers impacts de toutes ses décisions sur la lutte aux changements climatiques.

«Elle a montré une légère ouverture, mais j’aurais aimé plus», a dit M. Gaudreault.

La ministre n’a pas donné suite aux nombreuses demandes d’entrevue de La Presse canadienne avant et pendant la mission.

Mme Chassé avait laissé entendre qu’elle allait à Katowice notamment pour défendre et promouvoir la Bourse du carbone, le système d’échange des droits d’émission de GES mis en place avec la Californie.

Elle n’avait toujours pas publié jeudi un bilan de sa mission par communiqué, contrairement à sa collègue, la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, qui revient pour sa part d’une mission en France et en Belgique.

À défaut d’avoir publié son bilan de mission, Mme Chassé a publié des photos de ses entretiens à la COP dans son compte Instagram.

On y apprend entre autres qu’elle a rencontré la ministre flamande de l’Environnement, Joke Schauvliege, et le ministre wallon du Budget, de l’Énergie et du Climat, Jean-Luc Crucke. De même, elle a rencontré la ministre de l’Environnement de l’Écosse, Roseanna Cunningham, ainsi que celui de la Norvège, Ola Elvestuen.

On y voit aussi qu’elle a pu parler avec Bertrand Piccard, médecin et aéronaute qui s’est rendu célèbre en faisant le tour du monde avec un avion mû avec l’énergie solaire.

Cibles

Sur les objectifs de réduction des émissions de GES, MarieChantal Chassé avait laissé entendre cette semaine qu’il était encore possible d’atteindre la cible de réduction de 20 pour cent des GES du Québec pour 2020 par rapport au niveau de 1990, alors que M. Legault était pourtant beaucoup plus sceptique. Pour 2030, la cible est de 37,5 pour cent.

La COP24 est considérée par les observateurs comme le plus important rendez-vous décisionnel depuis l’Accord de Paris (COP21) sur les changements climatiques de 2015. C’est le moment, dit-on, d’accélérer les actions et d’adopter des lignes directrices solides.

Les États devront démontrer leur capacité de mettre en oeuvre des engagements réels pour atteindre leur cible de réduction des GES, et aussi prendre des engagements de transparence et de reddition de comptes concernant l’atteinte de ces objectifs.

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