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Serge Cadieux quittera la FTQ à la fin de l’année

Serge Cadieux quittera la FTQ à la fin de l’année
Photo: Pablo Ortiz/Métro

MONTRÉAL — Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, ne sollicitera pas de nouveau mandat comme numéro deux de la plus grande centrale syndicale du Québec, lors du congrès de la centrale en novembre prochain.

Du même souffle, l’actuel président de la FTQ, Daniel Boyer, a fait savoir lundi qu’il sollicitera un nouveau mandat, un troisième, à la tête de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, M. Cadieux a admis qu’il y pensait depuis l’automne, puisqu’il estimait avoir fait le tour du jardin, après avoir passé plus de 38 ans dans le monde syndical. Il s’en était ouvert à Daniel Boyer, qui lui avait demandé d’y réfléchir plus longuement aux Fêtes.

Mais M. Cadieux tenait à assurer une transition dans la stabilité à la tête de la FTQ, après avoir passé des années difficiles pour redorer les blasons de la FTQ et du Fonds de solidarité — auquel il siège également. Il a donc choisi de partir au congrès de novembre, sachant que Daniel Boyer, lui, allait rester.

«J’ai l’impression d’avoir donné tout ce que je pouvais donner au mouvement syndical. Dirigeant de la FTQ, c’est une job sept jours par semaine, une job extrêmement exigeante. Ça veut dire que quand tu te lèves le matin, il faut que tu sois heureux à tous les matins. Les derniers mois, j’ai commencé à trouver ça plus difficile. C’est un signe ça; c’est un signe qu’il faut que je relève d’autres défis», a confié M. Cadieux.

«J’ai fait le tour du jardin. En 38 ans — et je parle de permanence — j’ai commencé comme conseiller syndical; j’ai négocié plus d’une centaine de conventions collectives. Compte tenu que je suis avocat, j’ai été au contentieux, j’ai plaidé devant tous les tribunaux au Québec, jusqu’à la Cour suprême trois fois. J’ai dirigé mon syndicat, le SEPB (Syndicat des employés professionnels et de bureau, affilié à la FTQ), puis je suis devenu président national du syndicat canadien, avant d’arriver à la FTQ», relate-t-il.

En annonçant dès janvier qu’il quittera en novembre, il laisse aussi plus de temps à un éventuel intéressé pour soupeser ses chances, évaluer l’ampleur de la tâche.

La FTQ est, et de loin, la plus grande centrale syndicale du Québec; elle compte plus de 600 000 membres, tant dans le secteur privé que public, aux niveaux municipal, fédéral et québécois.

En plus d’occuper les fonctions de secrétaire général de la FTQ, M. Cadieux siège au conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ, à titre de troisième vice-président. Il siège également à la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail) et au Comité consultatif du travail et de la main-d’oeuvre.

Il s’est particulièrement fait connaître dans sa défense des régimes de retraite, dans son combat contre les clauses discriminatoires dans les conventions collectives, dans les dossiers liés à la santé et sécurité au travail, ainsi que dans sa lutte pour obtenir un salaire minimum à 15 $.

Au plan personnel, Serge Cadieux est un passionné et un gentleman, parfois pince-sans-rire, doté d’un sens de la répartie bien aiguisé, particulièrement face aux dirigeants politiques.

De l’énergie pour autre chose
M. Cadieux ne prend pas sa retraite. Il a de l’énergie pour faire autre chose; il affirme ne pas savoir encore quoi au juste.

«J’ai eu des propositions avant même que je décide de ne pas solliciter de nouveau mandat. Honnêtement, je ne suis pas inquiet. C’est sûr que je ne me tournerai pas les pouces chez moi. J’ai encore quelques bonnes années à donner.»

Quand on lui a demandé s’il serait prêt à se lancer en politique, il a répondu: «oh ça, ce serait étonnant», avant de s’esclaffer. «Je n’exclus pas ça, mais honnêtement, ce n’est pas… Vous me soulevez ça, mais je n’y avais même pas pensé moi-même.»

Il a également enseigné le droit du travail durant 10 ans à l’Université de Montréal. Il n’exclut pas l’idée de refaire de l’enseignement, «mais il peut y avoir autre chose aussi».