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Borsellino a peut-être parlé contrats avec Dupuis

Photo: www.ceic.gouv.qc.ca

MONTRÉAL – Joe Borsellino, président de Garnier Construction, a admis devant la Commission Charbonneau, lundi, qu’il lui est arrivé de parler avec son «ami» Jocelyn Dupuis, ancien directeur général de la FTQ-Construction, pour s’informer des projets auxquels l’une de ses entreprises aurait pu s’intéresser.

Mais il s’est empressé de dire à la commission qu’il ne se rappelle plus lesquels et que, de toute façon, il s’informait vaguement, comme ça, auprès d’autres personnes aussi.

Le président de cette entreprise de construction, qui a un chiffre d’affaires de 55 millions $ aujourd’hui, a commencé un laborieux témoignage devant la Commission Charbonneau, lundi après-midi.

Ses réponses évasives ont poussé le procureur de la commission, Me Simon Tremblay, à l’inviter à se rafraîchir la mémoire, lundi soir, notamment quant à Jocelyn Dupuis et aux projets auxquels ses entreprises, comme Garnier et Opron, ont pu s’intéresser.

«Demain matin (mardi), on va débuter avec ça. (Je vous invite) à vous rafraîchir la mémoire avec M. Dupuis et surtout sur les occasions d’affaires», lui a lancé Me Tremblay.

Lors de son témoignage, il a notamment été longuement question d’un contrat de réfection d’une usine de Rio Tinto Alcan au Saguenay, en 2008, évalué à 40 millions $.

Me Tremblay sous-entendait, par ses questions, que M. Borsellino s’était à l’époque informé auprès du dirigeant syndical pour savoir ce qu’il pouvait faire pour accroître ses chances d’y obtenir le contrat. Il lui a notamment suggéré que M. Dupuis aurait pu lui dire de s’associer avec une entreprise locale du Saguenay, par exemple, pour augmenter ses chances.

«Je ne suis même pas au courant d’une rénovation d’usine», a-t-il lancé au procureur, avant d’ajouter: «si j’ai parlé avec Jocelyn, et d’une usine chez Rio Tinto, c’est juste pour voir si c’est possible d’y aller».

L’ex-dirigeant d’Infrabec, Lino Zambito, a déjà dit sous serment devant la commission que Garnier Construction participait au stratagème de collusion mis en place par les entrepreneurs du secteur des égouts.

La FTQ-Construction est la plus importante organisation syndicale du secteur de la construction depuis plusieurs années. M. Dupuis a dirigé l’organisation syndicale de 1997 à 2008. C’est le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui lui avait demandé de quitter son poste.

Fait à noter, M. Borsellino a refusé de rencontrer les enquêteurs de la commission avant sa comparution comme témoin. Il n’est toutefois pas le seul à avoir agi ainsi. Son témoignage se poursuivra mardi.

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