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La pénurie de main-d’oeuvre augmente le décrochage, déplore la Chambre de commerce

La pénurie de main-d’oeuvre augmente le décrochage, déplore la Chambre de commerce
Photo: iStockLa pénurie de main-d’œuvre risque d’augmenter le décrochage scolaire selon une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

La pénurie de main-d’œuvre risque d’augmenter le décrochage scolaire selon une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et de l’organisme Réseau réussite Montéral. Une tendance que la CCMM souhaite éviter.

Selon l’étude de la Chambre de commerce, le Québec est la province canadienne où l’on trouve le plus d’étudiants qui occupent un emploi. Parmi eux, plusieurs seraient prêts à abandonner leurs études si une offre d’emploi bien rémunéré leur était faite.

Sur le marché de l’emploi, aucun diplôme n’est exigé pour 30% des emplois vacants. De plus, les salaires augmentent plus rapidement pour les emplois ne nécessitant pas de diplôme.

Selon le président de la CCMM, Michel Leblanc, cette tendance n’aide pas les jeunes étudiants. Pour pallier à ce décrochage, il demande aux entreprises d’encourager les étudiants à poursuivre leurs études.

Il estime aussi que les établissements scolaires doivent faire leur juste part en offrant des stages rémunérés aux étudiants du Québec et des cours de soir. M. Leblanc craint qu’un manque de flexibilité de la part des employeurs et des établissements scolaires pousse les élèves à choisir entre les études ou le travail.

«Notre crainte c’est que la pénurie amène les jeunes à basculer trop tôt vers le marché du travail, ce qui va nous pénaliser comme société», indique-t-il.

La directrice de l’organisme Réseau Réussite Montréal, Andrée Mayer-Périard, qui s’implique dans la persévérance scolaire, estime que le gouvernement devrait mettre en place des mécanismes d’alternance travail-études et ainsi que le retour aux études des jeunes qui ont décroché.

De son côté, le député Gabriel Nadeau-Dubois est surpris que l’étude de la Chambre de commerce de Montréal n’émette pas de recommandations gouvernementales de soutien financier aux études.

«Ça me semble être un facteur absolument déterminant dans le choix de milliers d’étudiants et d’étudiantes qui tentent de rester aux études, mais hésitent entre poursuivre leurs études où joindre le marché du travail», lance l’ancienne figure de la grève étudiante de 2012.

M. Nadeau-Dubois est aussi critique par rapport au fait que le Québec est la seule province canadienne où les étudiants à temps partiel ne sont pas admissibles à des bourses d’études. Il estime que leur offrir ces bourses serait une solution très intéressante pour soulever le défi souligné dans l’étude.

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’avait pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.