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Publicités électorales: les libéraux portent plainte contre une association pro-armes

Photo: Getty Images
François Carabin et Amélie Revert

Le Parti libéral du Canada (PLC) déplore la diffusion de publicités apparemment non réglementaires par une association pro-armes à feu. Le parti a déposé une plainte au Commissaire aux élections.

La formation politique estime que l’Association des Sports de tir du Canada (ASTC), un groupe qui se désigne comme «porte-parole pour l’ensemble des propriétaires d’armes et tireurs sportifs du Canada», viole la Loi électorale canadienne.

En réponse à la promesse libérale d’interdire les armes d’assaut sur le territoire canadien, l’ASTC a diffusé sur son site en anglais neuf vidéos publicitaires incitant les propriétaires d’armes à aller voter le 21 octobre.

Dans l’une deux, le directeur exécutif de l’association, Tony Bernardo, parle des élections 2019 comme un «point pivot dans les droits à la possession d’armes».

«Si ça vous effraie, bien. Parce que la menace est réelle. Vous devez aller voter», soutient-il dans la publicité d’une trentaine de seconde. Ces vidéos seraient diffusées sur les réseaux Citytv et Wild TV, selon le PLC, qui cite l’ASTC dans son communiqué.

«Le futur de la possession d’armes au Canada pourrait en dépendre» – Tony Bernardo, directeur exécutif de l’ASTC, dans une vidéo publicitaire diffusée sur le site de l’organisation

Dans d’autres vidéos ainsi que sur son site Web, l’ASTC invite carrément les électeurs à «voter pour [leur] candidat pro-armes à feu local et à l’aider à remporter les élections.

Pour l’équipe de Justin Trudeau, ce groupe a «encouragé ses membres à s’opposer à leur candidat(e) local(e) du Parti libéral».

Règles des tiers

Le PLC considère que l’ASTC est un tiers auprès d’Élections Canada. Or, selon elle, «depuis le 25 septembre, l’ASTC ne figure plus sur le site Web d’Élections Canada comme tiers enregistré».

Tout tiers ayant payé plus de 500$ pour une activité ou une publicité partisane doit s’enregistrer devant Élections Canada. L’organisme de gestion des élections a mis en place cette mesure pour la première fois en cette campagne électorale.

Le PLC considère que l’argent dépensé dans ce dossier dépasse «apparemment» le dit montant.

«Qui plus est, les vidéos publiées en ligne qui selon l’organisation sont actuellement diffusées à la télévision ne disposent pas de l’énoncé d’autorisation requise pour les annonces publicitaires», peut-on lire dans la lettre adressée au Commissaire des élections, Yves Côté.

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